Banlieues, ACTES COLLOQUE "JEUNES", FIN(2)

, par  Marie-Odile NOVELLI , popularité : 0%

ACTES COLLOQUE "JEUNES", FIN

Fin du debat atelier 2 (GREF, AFEV...)
Pour cela, un premier moyen pourrait consister, pour la Region, a favoriser
les actions transversales dans le cadre des contrats de ville en inventant
par exemple un systeme de majoration, plutot qu’uniquement les actions par
quartier. En effet, les jeunes sont mobiles et ne peuvent pas etre attaches
a un territoire.

Un second moyen consiste a changer de positionnement et de partir d’abord
des besoins du jeune plutot que du dispositif dans lequel on tenterait de
le faire entrer. Les actions presentees fonctionnent parce que plusieurs
partenaires ont identifie les besoins des publics a soutenir et ont elabore
a posteriori une action " cousu main ", adaptee a ces besoins.

Un troisieme moyen consiste egalement a approfondir le travail en
partenariat entre les differents acteurs. Il est de ce point de vue
indispensable que les rles de chaque partenaire soient connus de tous, que
le langage de chacun puisse s’ajuster au langage de tous. La question d’une
deontologie partagee est discutee, qui pourrait permettre a tous les
acteurs mobilises autour d’un jeune de mener une action efficace. La
question d’un referent unique par jeune est egalement posee. Si on a besoin
qu’une equipe de partenaires se mobilise autour d’un jeune, le jeune a
egalement besoin de pouvoir identifier un referent qui le suit dans sa
globalite au nom de l’equipe, qui prend la responsabilite du suivi du
jeune.

Pour permettre un accompagnement individualise du jeune, l’importance du
volontariat est egalement soulignee. En effet, seule la mobilisation de
volontaires, en partenariat avec des structures existantes, pourra
permettre le travail " un accompagne/un accompagnant ". Cela passe sans
doute par la valorisation du volontariat dans le cadre du parcours de
formation, comme cela est deja en cours au niveau regional, national et
europeen, mais peut-etre aussi par d’autres pistes (developpement et
encouragement d’actions qui mettent en mouvement des benevoles, etc.).
Enfin, etant donne le decalage qui existe entre le temps du jeune et celui
des institutions, une solution pourrait etre proposee pour accentuer la
reactivite des institutions. Un exemple est en effet evoque lors duquel un
travailleur social avait pu convaincre quatre jeunes de poursuivre leur
parcours d’insertion en integrant une formation. Ceux-ci avaient reussi les
tests d’entree pour une formation, dont ils ont appris plus tard qu’elle ne
serait accessible qu’en 2008. Une piste telle que la creation d’un fonds
d’intervention regional mobilisable immediatement pour des petits projets
est evoquee, telle qu’elle peut d’ores et deja etre mise en place par
certaines collectivites locales, dont Chambery Metropole par exemple.

Atelier 3 : " Espace de proximite et place des jeunes dans les territoires
"

Anime par Christiane FARIGOULE, Conseillere regionale, Vice-presidente de
la commission " politique de la ville et logement "
Rapporteure : Katia PHILIPPE, Conseillere deleguee a la jeunesse

" Concernant la question de la jeunesse, trop souvent stigmatisee, de
nombreuses reflexions sont menees sur la place de la parole des jeunes dans
la cite. D’une maniere generale, la politique jeunesse est tres developpee
(formation, sport, culture, etc.), mais elle est encore peu visible et
insuffisamment associee aux jeunes. C’est pourquoi la Region a souhaite
placer les jeunes au coeur de sa politique jeunesse.
Bien souvent, les demarches d’implication des jeunes prennent la forme de
conseils ou de comites consultatifs. Sur les sites en contrat de ville,
des jeunes souhaitent s’engager. Certains prennent des initiatives,
d’autres veulent monter leur association.
Plusieurs questions sont a traiter dans le cadre de cet atelier. Y a-t-il
une specificite de l’implication de la jeunesse sur des sites " politique
de la ville " ? Quels espaces d’autonomie peut-on leur offrir ?
Quelle place au sein des dispositifs de l’action publique peuvent-ils
avoir ? Quel processus d’initiation faut-il envisager ? N’est-ce pas des
l’ecole primaire qu’il faut envisager cette question ?
Pour cela, nous nous appuierons sur trois experiences. La premiere presente
l’engagement des jeunes a partir du sport avec Philippe ODDOU de
l’association Sport dans la Ville. La seconde s’interesse au logement en
placant les jeunes comme acteurs de leur recherche avec Virginie Tardieu
des CLLAJ Rhone-Alpes (Comite Local pour le Logement Autonome des Jeunes).
La troisieme est une experience de creation culturelle par des jeunes
grenoblois presentee par Yann Vigne et Mathieu Beyrie, membres de ce
collectif. "

Sport dans la Ville
Philippe ODDOU, Directeur

" Sport dans la Ville est une association qui existe depuis 7 ans
aujourd’hui et qui poursuit trois grands objectifs.
Le premier vise a creer, a travers la mise en place et l’animation
d’espaces sportifs de qualite dans les quartiers sensibles, des lieux de
vie et de pratiques au cours desquels les enfants et les jeunes vont avoir
l’occasion de se structurer et d’acquerir des valeurs. Concretement, des
infrastructures de qualite sont construites dans les quartiers (terrains de
foot avec gazon synthetique, terrains de basket). Celles-ci sont animees
par des equipes d’encadrants qualifies tous les mercredis et les samedis,
et les activites proposees sont gratuites. Des parrainages sportifs
valorisants sont developpes avec des equipes prestigieuses (Olympique
Lyonnais, Asvel). Enfin, ces espaces sportifs sont egalement proposes en
libre acces tous les soirs de la semaine. A travers ces activites
sportives, enfants et jeunes ont l’occasion de developper des valeurs
importantes telles que l’ecoute, la discipline, le respect des regles ou
encore le depassement de soi.

Le second objectif de Sport dans la Ville consiste a favoriser l’ouverture
des enfants et des jeunes sur d’autres univers. Des camps sont organises
dans d’autres regions francaises ou encore a l’etranger (Pays Basque,
Bresil, Etats-Unis) a l’occasion d’echanges avec des structures similaires.
Des partenariats sont egalement developpes avec des clubs de sport qui
permettent a ces publics de decouvrir d’autres activites sportives (aviron,
athletisme, etc.). L’ensemble de la pedagogie soutenue ici est construit
autour de la force du souvenir heureux qui soutiendra ces jeunes en des
circonstances plus difficiles.

Le troisieme objectif est enfin de soutenir ces publics, avec lesquels la
structure a etabli un rapport de confiance depuis l’enfance parfois, dans
leur orientation scolaire et leur insertion professionnelle. A travers des
actions comme l’invitation et la presentation d’entreprises au coeur du
quartier, ou encore la visite de ces entreprises par les jeunes, l’idee est
bien de revaloriser des secteurs d’activites tres souvent decries par les
jeunes et pourtant pourvoyeurs d’emplois (siderurgie, batiment,
restauration, etc.) qui pourraient leur permettre de s’inserer socialement
et professionnellement, de developper leur propre projet de vie. "

Initier son parcours residentiel : les jeunes acteurs de leur recherche de
logement
Virginie TARDIEU, Coordinatrice des CLLAJ Rhone-Alpes (Comite Local pour le
Logement Autonome des Jeunes)

" Les CLLAJ sont des structures associatives qui existent depuis 1990 et
qui repondent aux difficultes d’acces au logement pour les jeunes. Celles-
ci sont recapitulees dans une circulaire ministerielle produite en juin
1990 mettant en evidence des difficultes liees a la duree de leur recherche
de logement, aux reserves des bailleurs prives a leur egard, a la necessite
pour ces jeunes d’apprendre a gerer la location et l’appropriation d’un
logement. Ces difficultes demeurent aujourd’hui, et en particulier les
representations vehiculees par les jeunes percus soit comme des etudiants,
soit comme des jeunes en difficulte. Les jeunes possedent eux-memes des
representations a travailler sur ce que constitue l’entree dans un logement
locatif. L’enjeu des CLLAJ est de faire evoluer ces representations
Il existe aujourd’hui 60 CLLAJ en France qui sont finances par de multiples
partenaires. Il en existe 7 en Rhone-Alpes (2 dans le Rhne, 1 dans l’Ain,
1 en Haute-Savoie, 1 en Isere et 2 dans la Drme) ainsi que 5 services
logement qui realisent le meme travail que les CLLAJ mais qui sont
rattaches a d’autres organismes tels que la CAF, les Missions Locales, etc.

Les CLLAJ possedent trois principales missions.

La premiere cible l’accueil, l’information et l’orientation des jeunes
(18/25 ans ou 18/30 ans selon les structures) a la recherche d’un logement,
en fonction de leur situation, de leurs besoins, de leur profil.
Pour cela, le CLLAJ est un lieu ressources de proximite au sein duquel le
jeune peut consulter des offres de logement, peut recevoir une aide pour
remplir une demande de logement HLM, pour beneficier des aides au logement
de la CAF, etc. Le CLLAJ doit donc etre en capacite a s’informer en temps
reel, a comprendre tous les mecanismes du marche du logement locatif du
territoire sur lequel il est implante.
Dans cette mission d’accueil, d’information et d’orientation du jeune,
l’objectif du CLLAJ vise a rendre le jeune acteur de son projet. Ceci
consiste a definir au cas par cas un projet partage avec le jeune au cours
duquel on imagine avec lui toutes les etapes necessaires a la realisation
de ce projet. C’est lui ensuite qui met en oeuvre des demarches telles que
la prise de contacts avec des bailleurs prives, la demande d’un logement
HLM, la visite d’appartement, etc. Cela permet en outre de contribuer a
changer l’image de certains jeunes sur le logement HLM par exemple, souvent
percu a priori negativement par eux (quartier, etc.) alors qu’il peut
proposer une offre tout a fait adequate a leur demande. Les CLLAJ les
soutiennent dans leurs demarches en leur servant de guide. Ils les aident a
acquerir les mecanismes qui leur permettront d’etre locataires responsables
de leur logement (prevention des impayes de loyer, relations de bon
voisinage, etc.).

La seconde mission des CLLAJ consiste a developper des solutions techniques
adaptees aux besoins des territoires sur lesquels ils sont implantes. Des
dispositifs de sous-location, de logements temporaires beneficiant de
subventions ALT (allocations logement temporaire), de baux glissants, de
baux accompagnes, de gestion de residences pour jeunes travailleurs ou de
residences sociales sont autant d’outils qui ont pu etre ainsi etre
developpes par les CLLAJ en Rhone-Alpes selon les besoins specifiques du
territoire.

Enfin, la derniere mission des CLLAJ vise a porter la question du logement
des jeunes aupres des acteurs locaux. Ceci peut se faire par exemple par la
constitution d’observatoires locaux qui permettent de mettre en evidence en
temps reel les difficultes d’acces au logement des jeunes, la qualification
precise des besoins du territoire.

Au total, 5000 jeunes ont ete recus par les CLLAJ de Rhone-Alpes, qui ont
en grosse majorite entre 18 et 25 ans. Ils sont pour la plupart
celibataires, et vivent chez leurs parents au moment de leur demande. Ils
sont engages dans des demarches de formation, de premier emploi, ou de mise
en menage qui motivent leur demande de logement. "

Collectif HIP-HOP Grenoble, CH2
Yann VIGNE et Mathieu BEYRIE, Membres du Collectif

" Le hip-hop est ne dans les annees 1970 aux Etats-Unis dans les quartiers
pauvres de New York sous l’initiative d’un homme ex-membre d’un gang dont
le frere avait ete assassine. Afin de lutter contre cette violence, l’idee
fondatrice est des lors de transformer les energies negatives en energies
positives. Aux affrontements directs se substituent des affrontements
symboliques entre equipes de danseurs, grapheurs (etc.) qui prennent le nom
de battle, qui remplacent la violence par l’activite creatrice. Le hip-hop
est compose de quatre disciplines qui contiennent toutes l’idee de " partir
de rien pour creer quelque chose " : la danse qui est une reproduction de
mouvements observes, le graph qui consiste a afficher son nom, la musique
qui est creee sans appui sur les instruments traditionnels, et le DJing,
dont le scratch est la forme la plus evidente. Ce mouvement se developpe en
France en 1983/1984. Il est aujourd’hui d’ampleur mondiale.

Notre association existe depuis 1998 maintenant. Elle est issue de
l’initiative d’un animateur de Cap Berriat soutenu par la structure qui lui
a donne la possibilite de devenir acteur de sa passion tout en developpant
une offre d’activites autour du hip-hop dans un secteur qui ne possedait
jusque-la aucune structure adaptee. Des locaux lui sont des lors mis a
disposition au centre ville, fait dont est soulignee l’importance tant il a
permis d’ouvrir les pratiques de ces jeunes et de ne pas ghettoiser leur
activite. Des jeunes de tous les quartiers sont rapidement venus participer
aux ateliers proposes sans s’approprier les lieux. Ceci a sans aucun doute
favorise la rencontre, la mixite et l’apprentissage de la solidarite entre
publics qui ne se connaissaient pas. Aujourd’hui, l’association a pris une
ampleur certaine. Elle dispose d’un gros budget. Elle a permis le
developpement de 5 emplois jeunes.

Trois volets constituent l’action de l’association.
La transmission du hip-hop est tout d’abord assuree a travers la mise en
place de cours de danse, de graph, de DJing, de rap. Au niveau du graph par
exemple, des ateliers sont mis en place pour repondre a des commandes
aujourd’hui aussi multiples que variees. Ces cours sont assures par une
douzaine de vacataires desquels sont exigees des competences
professionnelles. L’association est par exemple engagee dans une demarche
qualite par rapport a ces professionnels qui leur permet de se former.
L’association constitue egalement un ple ressources qui permet a ceux qui
souhaitent aller plus loin que la simple consommation d’activites d’etre
accompagnes dans leur demarche. Ils peuvent par exemple ainsi trouver des
moyens pour developper des liens avec d’autres structures de hip-hop et
envisager des rencontres, pour developper leur projet de
professionnalisation dans le domaine du hip-hop, etc.
L’association organise aussi un festival qui a aujourd’hui une ampleur
internationale : le festival " total cession " qui a pour objet de
favoriser la rencontre entre des jeunes qui pratiquent une meme passion.
L’idee transversale est d’ailleurs de favoriser pour ces jeunes la
decouverte d’autres univers que celui de leur quartier, a travers leurs
pratiques culturelles, mais aussi a travers la rencontre, le deplacement
dans d’autres villes, d’autres pays, etc.

En 2004, 38 actions de danse hip-hop ont ete menees, dont 6 stages de 3 a
10 jours qui ont mobilises 90 jeunes, et dont 16 cours de danse
hebdomadaires qui se sont deroules dans des locaux situes a divers endroits
de la ville. 14 voyages ont ete organises a l’occasion de festivals qui se
sont deroules en France et en Europe, auxquels une centaine d’adherents a
pu participer. 17 actions graphs ont vu le jour, a travers 12 ateliers
d’une duree variant d’une semaine a 6 mois auxquels ont participe 90 jeunes
issus de toute la region. Des expositions et des presentations ont permis a
une vingtaine d’artistes en voie de professionnalisation de se faire
connaitre. Des battle de danse hip-hop ont egalement ete organises tous les
mois, qui ont reuni en moyenne 300 personnes. Enfin, le festival " total
cession " a reuni 2000 personnes sur 3 jours.

Ces actions ont ete permises grace a des moyens humains : 3 salaries a
temps plein et 12 vacataires. La structure est aujourd’hui relativement
perenne. Elle assure 50% de son financement a travers les activites de
cours qu’elle propose. Le reste est assure par des financements publics qui
sont maintenant stables. Le pari des emplois jeunes est relativement reussi
puisque ces emplois ont permis a ces jeunes d’acquerir des competences dans
les domaines de la gestion et de l’encadrement qu’ils ne maitrisaient pas
au depart.

Par rapport a la problematique qui nous preoccupe aujourd’hui de la
confiance a accorder aux projets des jeunes, la structure meme de
l’association soutient cet objectif. Le Conseil d’Administration est ainsi
compose uniquement de jeunes porteurs de cette culture du hip-hop et
engages dans le developpement de la structure. Neanmoins, au-dela de la
confiance qu’il apparait necessaire de porter aux projets emergeants, tel
qu’a pu l’etre le hip-hop, le probleme reside aujourd’hui, pour cette
discipline, dans le fait qu’elle n’est plus emergente, mais bel et bien
developpee, et qu’elle demeure en souffrance de reconnaissance de la part
des institutions. Or, la question de faire confiance ne peut pas se passer
de la reconnaissance. "

Debat avec les participants

Concernant tout d’abord la question de l’orientation scolaire et
professionnelle se pose la question de l’exigence d’une determination
precoce pour ces publics fragiles. Si ceci peut-etre vu comme le moyen de
trouver un emploi, cela peut egalement les enfermer, en particulier dans
des professions peu valorisantes, sans qu’ils aient pu avoir l’occasion de
developper leur projet personnel.
Dans ce cadre, il parait necessaire d’encourager ces jeunes a mieux se
connaitre a travers un ensemble d’experiences menees tout autant dans la
sphere privee que dans la sphere publique. C’est en effet a travers ces
experiences qu’ils pourront acquerir des valeurs fondamentales tout autant
que decouvrir ce qui les attire ou au contraire les rebute. La pratique de
sports et de loisirs prend donc ici toute sa place, qu’elle s’adresse aux
enfants ou aux jeunes.
Dans le contexte de desengagement pressenti de l’Etat des politiques
contractuelles, l’avenir des Contrats Educatifs Locaux parait incertain,
alors que ces dispositifs permettent a bon nombre d’enfants de decouvrir et
de pratiquer des activites qu’ils n’auraient pour la plupart pas eu
l’occasion de connaitre dans leur sphere familiale. Une reflexion pourrait
donc etre menee par la Region pour permettre de perenniser ce qui existe et
qui fonctionne bien si l’Etat se desengageait effectivement. Une piste
consisterait non pas a se substituer a l’action de l’Etat, mais a prouver
l’importance de ces dispositifs et de mener une action pour les soutenir et
les defendre aupres de l’Etat.
Concernant les jeunes entre 16 et 25 ans, s’il est vrai que la pratique
d’activites sportives ou de loisirs peut leur faire apprehender tout un
ensemble de possibilites d’evolution personnelle et professionnelle, il
n’en demeure pas moins qu’une partie d’entre eux, lorsqu’elle travaille, ne
trouve pas d’issue professionnelle en dehors des professions citees. Pour
ceux-la, une piste a explorer par la Region pourrait etre de favoriser la
double activite, c’est-a-dire la mise en place de mesures qui permettraient
pour ceux qui le souhaitent de coupler leur activite dans l’entreprise avec
la pratique d’une autre activite. Certains exemples de jeunes embauches
dans une entreprise et beneficiant de plages de mise a disposition pour
etre animateurs sportifs dans le cadre de Sport dans la Ville paraissent a
cet egard concluants. Ce dispositif leur permet en effet de ne pas se
sentir enfermes dans leur pratique professionnelle et de continuer a
developper d’autres connaissances a travers des experiences exterieures.
Enfin, qu’il s’agisse des enfants ou des jeunes, l’ensemble des acteurs
formule la necessite d’allier les activites de proximite dans les
quartiers, qui suscitent la curiosite, l’envie de participer avec
l’exigence de sortir du quartier qui permet d’ouvrir ces publics sur
d’autres possibles situes en dehors du quartier. Les deux experiences de
Sport dans la Ville et de CH2 travaillent pour mettre en oeuvre cet objectif
et mettent en evidence l’importance d’offrir cette experience aux jeunes.

Si l’importance de la pratique d’activites par les jeunes est identifiee
par l’ensemble des acteurs, il ne s’agit pas neanmoins d’activites de
consommation. Au contraire, pour les jeunes entre 16 et 25 ans, le defi est
bien de les rendre acteurs de leur projet, de les soutenir dans la
realisation de leurs objectifs. La question se pose des lors des moyens et
des methodes a employer pour partir effectivement du projet du jeune et
pour l’aider a le mettre en oeuvre. Plusieurs pistes d’actions sont
proposees.
La valeur de l’exemplarite est tout d’abord mise en avant. En effet, il est
important de montrer concretement aux jeunes de ces quartiers qu’il est
possible de developper sa passion et d’en vivre. C’est ce que montre
notamment le collectif CH2 lors d’interventions directes aupres des jeunes.
Ceci a sans doute participe a l’emergence d’autres groupes constitues
autour d’autres activites (arts des rues, skate) qui prennent aujourd’hui
de l’ampleur (participation a un festival des arts des rues a l’etranger,
construction d’un skate-park).
Le changement necessaire de positionnement de l’animateur a
l’accompagnateur de projet est egalement souligne comme element fondamental
pour placer le jeune comme acteur de son projet personnel. Il ne s’agit pas
en effet de proposer des activites et d’animer le temps des jeunes, mais de
les soutenir dans la mise en oeuvre de leurs objectifs. Ceci suppose une
ecoute particuliere, un temps imparti a cette ecoute, une capacite d’aide a
la formulation du projet, une capacite a orienter le jeune dans la
recherche de moyens adaptes. Il s’agit effectivement d’un travail plus
exigeant en temps que l’animation simple d’activites, mais beaucoup plus
adapte aux souhaits des jeunes entre 16 et 25 ans. C’est notamment sur
cette tranche d’age que les difficultes sont d’ailleurs le plus ressenties
par les acteurs jeunesse qui ont souvent du mal a mettre en oeuvre ces
moyens (formations peu adaptees ?).
Une autre question est egalement posee mettant en cause le decalage entre
le temps du jeune et le temps des institutions. En effet, alors qu’un
projet mene par un jeune peut necessiter rapidement une subvention, celle-
ci met parfois du temps a etre accordee, ce qui met en peril la mise en
oeuvre du projet. Plusieurs pistes sont d’ores et deja developpees par
certaines institutions pour reduire ce decalage. La DDJS propose par
exemple de maniere reactive des bourses qui peuvent etre accordees aux
jeunes sur projet. Celles-ci peuvent etre mises en oeuvre entre 8 a 15
jours. Chambery Metropole propose egalement sous la forme d’un Fonds
d’Initiatives Locales des bourses qui peuvent s’elever jusqu’a 1500 euros
et qui constituent une forme rapide de remboursement de l’action. Ces
systemes permettent de travailler en integrant le temps des jeunes qui est
un temps qui evolue tres rapidement (changement rapide de lieu de vie, de
statut, etc.) plutot qu’avec le temps administratif necessairement plus
lent. Une autre piste plus ambitieuse est egalement evoquee qui
consisterait, sur le modele des empowerment americain developpe par Jacques
DONZELOT, a accorder des aides consequentes directement aux jeunes et non
aux structures ou institutions qui prennent en charge les jeunes.
L’association des jeunes a la concertation dans les procedures de
renouvellement urbain est egalement suggeree comme une piste a explorer en
tant que moyen de leur donner une place reelle dans la ville. Le collectif
montre a cet egard comment, dans un quartier grenoblois, une entente entre
taggers et habitants a permis aux differents partis de se rencontrer, de se
comprendre les uns avec les autres et de s’entendre autour d’une Charte.
Un premier constat est mis a jour concernant l’interet indeniable des
jeunes et leurs attentes de concertation. Le constat est egalement etabli
de l’apport consequent de la participation des jeunes aux Commissions
thematiques regionales dans le cadre des Contrats Locaux de Developpement.
Cependant, deux conditions sont mises en evidence comme etant necessaire au
bon fonctionnement de la concertation. D’une part, les jeunes souhaitent
etre consultes sur un projet sur lequel ils ont l’assurance que leur avis
sera pris en compte. D’autre part, ils doivent pouvoir percevoir tres vite
les effets de la concertation sur la mise en oeuvre du projet. La
concertation avec eux parait donc indispensable, mais doit avoir lieu dans
un cadre tres precis et maitrise ou les jeunes pourront voir tres
rapidement les resultats de leur implication. Une premiere piste d’action
pourrait par exemple consister a faire participer les jeunes d’abord sur
des initiatives rapides a mettre en oeuvre pour illustrer l’interet de la
concertation. Une seconde piste d’action consisterait plus globalement au
fait que la Region conditionne les aides accordees aux quartiers
prioritaires a la concertation effective avec les jeunes.

Concernant la question du logement des jeunes, elle est reconnue par tous
comme une etape tres forte de l’autonomisation des jeunes, et
particulierement des 16/25 ans qui interessent directement notre propos.
Plusieurs suggestions sont avancees, dont tout d’abord la mise en place de
CLLAJ dans les departements rhonalpins qui n’en possedent pas.
Cela supposerait sans doute une sensibilisation plus forte des acteurs
locaux sur cette question cruciale du logement des jeunes, qui pourrait,
comme le suggere un participant, passer par l’organisation d’un grand forum
regional sur ce sujet. Enfin, les besoins en logement des jeunes etant
souvent rapides (entree en emploi dans quelques semaines, contrat de 6 mois
dans un autre departement, etc.), une solution pourrait etre developpee,
dans le cadre des contrats de ville ou comme le font deja parfois les
CLLAJ, de reservations specifiques de logements pour les jeunes au sein des
logements sociaux, en particulier lorsque les bailleurs possedent des
logements vacants.

Concernant enfin l’emploi des jeunes, et en particulier des jeunes les
moins favorises de ce point de vue, le developpement des clauses
d’insertion locales est avance comme une solution a promouvoir.

Restitution synthetique des ateliers et echange avec la salle

Atelier 1 : " Favoriser l’acces a l’emploi des jeunes des territoires
fragilises "
Rapporteure : Christiane PUTHOD, Conseillere deleguee a l’emploi

" Deux axes ont ete explores lors de cet atelier : d’une part les freins a
l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers " politique de la
ville ", et d’autre part des propositions de pistes d’action dont
pourraient se saisir les politiques publiques, et en particulier les
politiques regionales, pour favoriser l’insertion de ces jeunes.

Plusieurs constats ont tout d’abord ete mis a jour, parmi lesquels une
confirmation par les acteurs de la presence effective dans les quartiers
des trois types de jeunes identifies par Emmanuelle SANTELLI : les jeunes
en situation de stabilite, les jeunes en stabilite precaire et les jeunes
en situation de precarite.
Parmi ces jeunes, certains rencontrent des problemes d’insertion soit parce
qu’ils n’ont pas de formation, soit parce qu’ils n’ont pas acquis les
competences requises pour entrer dans le monde du travail. Ces quelques
chiffres rappellent la situation particulierement fragile des jeunes des
territoires de la politique de la ville. Les jeunes de moins de 20 ans
constituent 31,5% de la population des zones urbaines sensibles. Ces jeunes
sont plus souvent non diplmes que la moyenne. Ces zones sont plus touchees
par le sous-emploi et un fort taux de chmage qui y est deux fois plus
eleve qu’au niveau national. Enfin, dans certains quartiers, plus de la
moitie des 15/29 ans sont en situation de chmage.
Ainsi, l’existence d’un " effet quartier " sur l’insertion
socioprofessionnelle des jeunes est evidente, a laquelle s’ajoute souvent
une discrimination ethnique. Cette derniere question meriterait aussi
d’etre approfondie.
Le constat est egalement fait de la difficulte des equipements socio-
educatifs a repondre aux problemes d’insertion rencontres par ces jeunes.
Cette difficulte touche plus largement l’ensemble des politiques mises en
oeuvre qui ont du mal a proposer des solutions adequates. De ce point de
vue, le desengagement de l’Etat dans les domaines de la politique de la
ville et de l’insertion est evidemment percu comme particulierement grave,
en particulier pour ces jeunes deja tres fragilises. L’elaboration d’une
veritable politique de l’emploi plutot que la mise en place de " mesures
pansement " est fortement souhaitee.

Plusieurs pistes d’action sont proposees.
La prise en compte par les pouvoirs publics du temps du jeune est avancee
comme une solution pour repondre au decalage persistant entre temps du
jeune et temps des institutions. Il peut s’agir de reduire le temps de
reponse des collectivites face aux demandes des jeunes qui ont souvent
besoin de reponses rapides. C’est d’ailleurs l’objectif poursuivi par le
Conseil regional a travers la mise en place de mesures telles que les Cared
ou les emplois-tremplins. Il peut aussi s’agir de donner plus de temps a
ceux qui en ont besoin pour formuler un projet d’orientation, de formation.
L’experience de Cap Beriat montre bien qu’il est parfois important de
laisser au jeune le temps de murir son projet.

Des propositions d’action sont egalement emises pour lutter contre les
representations des employeurs qui ont des reticences a employer des jeunes
issus des quartiers " politique de la ville ", mais egalement des jeunes
qui ont parfois une tres mauvaise image des secteurs dans lesquels ils
pourraient pourtant trouver un emploi. L’integration de clauses d’insertion
dans les marches publics, l’information et la sensibilisation des jeunes
sur les formations et les differents metiers, la mise en place d’un
veritable accompagnement dans l’emploi (tutorat en entreprise, etc.), sont
autant de pistes suggerees.

Afin de favoriser l’orientation et la formation des jeunes, plusieurs
propositions d’action sont evoquees. Tout d’abord l’adaptation des
formations aux besoins du territoire : il existe en effet des zones ou des
besoins ne sont pas couverts alors que des jeunes sont sans emploi. Puis,
il est aussi suggere de developper le travail d’ecoute des jeunes pour
permettre d’identifier leur projet, pour connaitre leurs potentialites. Par
rapport aux publics en echec scolaire, il est aussi propose de favoriser la
mise en place de formations davantage fondees sur une mise en situation, du
type des chantiers ecole. Enfin, un travail general d’information des
jeunes sur les formations, les dispositifs, les orientations possibles,
s’avere necessaire. La Region a d’ailleurs deja engage des actions qui vont
dans ce sens.

Pour permettre aux politiques regionales d’etre au plus pres des besoins
des territoires en matiere d’insertion, il est egalement souhaitable que la
Region puisse avoir davantage de retour sur les dysfonctionnements
eventuels qui peuvent survenir sur le terrain. Pour faire remonter ces
besoins, des espaces de concertation avec les acteurs de terrain pourraient
par exemple etre mis en place. "

Atelier 2 : " Structures et actions pour les 16/30 ans hors dispositif "
Rapporteure : Marie-France VIEUX-MARCAUD, Vice-presidente deleguee aux
lycees et aux formations professionnelles

" Lors de cet atelier, nous nous sommes interesses aux jeunes en rupture,
et nous avons essaye de comprendre pourquoi ils passaient au travers des
dispositifs mis en place, et comment pouvait-on faire pour mieux les
prendre en compte.

Les trois experiences presentees mettent en avant plusieurs traits forts a
retenir.

La premiere, menee par le GREP (Groupe pour l’emploi des probationnaires)
concerne tout d’abord un public (en prison ou en milieu ouvert et qui a
fait l’objet d’une peine privative de liberte) qui cumule un certain nombre
de handicaps (20% ont des problemes de sante, 77% sont sans diplme, 27%
seulement ont le permis de conduire, 65% ont moins de 30 ans). Il s’agit
d’une structure plate-forme, c’est-a-dire qu’elle reunit a la fois une
structure d’accueil, d’orientation, de formation et d’acces a l’emploi.
Celle-ci, des le depart, a etabli des liens forts avec les entreprises (les
chambres patronales sont membres du GREP, des visites de prison sont
organisees avec des entreprises, la mise en place d’un tuteur et son
accompagnement en entreprise sont developpes, etc.). Enfin, un partenariat
fort est egalement etabli avec l’ANPE, les Missions Locales, les
entreprises d’insertion, etc. Au total, 200 jeunes par an sont pris en
compte par le dispositif pour qui sont mobilisees 104 etapes d’insertion.
Suite a cela, 58 jeunes ont accede a l’emploi. Le taux de recidive, qui
s’eleve classiquement a 55%, est de 8% pour ces jeunes. Enfin, le projet
est en voie d’extension aux departements de l’Ain et de la Loire.
Le Semaphore de Mulhouse est une structure qui s’adresse a tous les jeunes
et qui comprend plusieurs volets (un Bureau d’Information Jeunesse, une
Mission Locale, un espace multimedia, etc.). De plus, il integre des
actions plus specifiques pour des publics jeunes en difficulte, avec
notamment un fort deficit de formation. Dans ce cadre a ete developpee
l’ecole de la deuxieme chance. Il s’agit d’une structure de formation et
d’insertion, differente de l’Education nationale. Quelques traits forts de
ce dispositif sont mis en avant : une premiere phase est organisee autour
d’ateliers divers visant a redonner confiance aux jeunes participants, un
accompagnement des jeunes dans les entreprises est mis en oeuvre, un
partenariat fort est tisse avec les entreprises et en particulier les
entreprises d’insertion. Le Semaphore, qui est passe d’une equipe de 6
salaries a 60 en l’espace de 15 ans, rencontre un succes evident.
Neanmoins, afin de pouvoir repondre de maniere reactive aux besoins des
jeunes, elle s’efforce tous les jours de ne pas devenir une institution
pour rester souple et s’adapter.

L’AFEV (Association de la fondation etudiante pour la ville) est constituee
autour de plusieurs principes. Il s’agit tout d’abord d’une association qui
permet de mettre en oeuvre le benevolat etudiant au service d’un public en
difficulte. Pour cela, elle travaille en partenariat avec l’Education
nationale, les Missions Locales, les centres sociaux (etc.) sans se
substituer a elles mais en faisant en complementarite avec elles. Par cet
accompagnement benevole, l’AFEV permet de mettre en place du " cousu main "
au service du public en difficulte, qui se traduit concretement par le fait
qu’un jeune est accompagne par un etudiant. Cette relation un pour un
permet une proximite forte et enrichissante. Les objectifs poursuivis
visent a stabiliser l’insertion du jeune, a favoriser son autonomie et sa
mobilite, a le mettre en confiance.

En preambule, les acteurs s’accordent autour du fait que le principal
probleme rencontre n’est pas reellement d’identifier les jeunes hors
dispositif qui sont connus. La veritable question reside dans le fait de
trouver les moyens de " les faire venir a ", de les faire participer a des
actions. Pour cela, des propositions d’action sont emises.

Le travail en partenariat constitue une premiere piste fondamentale pour
parvenir a prendre un premier contact avec des jeunes hors dispositif. Il
permet par exemple de profiter de moments cles, telle que la rentree de
septembre, pour etablir un contact avec ceux qui demeurent sans
etablissement d’affectation par exemple. Ceci constitue un exemple de
travail mene en partenariat par l’Education nationale et le Semaphore, et
qui permet a ce dernier d’integrer a ses activites une partie des jeunes.
Le maillage entre les acteurs est egalement tres important pour amener ces
jeunes a prendre le chemin d’un dispositif. L’articulation entre le college
et le lycee parait par exemple tres importante, et demeure une piste a
travailler.

L’accompagnement individualise d’un jeune parait egalement etre une
solution efficace. Cela necessite la mobilisation de volontaires. Ainsi, la
valorisation du volontariat peut constituer une piste d’action
interessante, soit par le biais de la reconnaissance de l’action benevole
dans le cursus scolaire, universitaire et professionnel du benevole, soit
par le soutien accru aux associations qui mettent en place ce type
d’actions.

La mise en place d’un referent pour le jeune suivi est egalement proposee,
en tant qu’elle permet au jeune d’avoir un interlocuteur et aux partenaires
d’identifier un acteur responsable pour chaque jeune. Ceci pose la question
debattue d’un vocabulaire commun entre les partenaires, d’une deontologie
partagee.

Afin de reduire le decalage entre le temps des institutions et le temps des
jeunes (des " jeunes decrocheurs " qui sont par exemple identifies au mois
de septembre peuvent etre reintegres dans une action si et seulement si des
reponses peuvent etre donnees rapidement), la mise en place de subventions
rapides de la part des collectivites peut etre une solution. Certaines le
pratiquent deja, a travers les Fonds d’intervention locaux notamment.
Pour conclure, l’idee generale vise donc a tenter de sortir d’une politique
de dispositif dans laquelle on veut integrer le jeune, et de s’orienter
davantage vers une demarche d’accompagnement du jeune dans son
individualite. "

Atelier 3 : " Espace de proximite et place des jeunes dans les territoires
"

Rapporteure : Katia PHILIPPE, Conseillere deleguee a la jeunesse

" Les participants a cet atelier ont propose des pistes d’action pour
permettre de valoriser la parole des jeunes, et pour permettre aux pouvoirs
publics de tenir davantage compte de leurs besoins.
Trois experiences interessantes ont permis de lancer le debat.
L’association Sport dans la ville allie pratique du sport pour les enfants
et les jeunes des quartiers, et espaces de decouverte en dehors des
quartiers. Le CLLAJ (Comite Local pour le Logement Autonome des Jeunes)
accompagne les jeunes dans leur recherche d’autonomisation par le logement.
Il aide le jeune a construire son projet, il constitue une interface entre
le bailleur et le jeune, il aide le jeune a se sortir de ses
representations, en particulier de l’image qu’il peut avoir du logement
HLM, il prend en compte la globalite du jeune en lui proposant un
accompagnement complet. 5000 jeunes ont ete rencontres dans ce cadre.
Enfin, on remarque qu’il n’en existe pas dans tous les departements de la
Region Rhone-Alpes. Le collectif CH2 a enfin montre comment des jeunes de
quartier, qui revendiquaient une appartenance a la culture hip-hop, ont ete
en mesure de developper leur passion, d’en faire une activite reconnue,
valorisee et professionnelle. Ceci a entre autre ete permis par le soutien
de Cap Beriat qui les a accompagne dans la mise en oeuvre de leur projet.

Parmi les propositions suggerees, voici les plus importantes.

L’encouragement des actions de proximite constitue une premiere piste, tout
en valorisant fortement la sortie du quartier et la decouverte d’un autre
environnement. En effet, ceci est particulierement important en termes
d’ouverture et de lutte contre la ghettoisation.

Les acteurs ont egalement exprime un souci constant a l’egard du
desengagement de l’Etat, et la Region est de fait invitee a mener une
reflexion sur les secteurs qu’elle pourrait soutenir davantage.
La mise en place de financements mobilisables immediatement pour des micros
projets est egalement suggeree. Elle permettrait d’etre plus en adequation
avec les besoins parfois rapides des jeunes.
Enfin, l’encouragement de la consultation des jeunes est egalement propose,
a travers la mise en place d’un espace consultatif des jeunes, ou encore de
facon plus ambitieuse, dans la gestion autonome de budgets participatifs
comme ce peut etre le cas dans certains quartiers des Etats-Unis. "

Conclusion
Marie-Odile NOVELLI, Vice-presidente, Deleguee aux solidarites, a la
politique de la ville et au logement

" Suite aux apports fructueux de l’ensemble des participants a cette
journee qui sont remercies pour leur presence aujourd’hui, la Region prend
l’engagement d’etudier et de tenir compte autant que possible des
propositions formulees autour de cette thematique de la jeunesse.

Quelques points forts sont particulierement deja retenus, et en premier
lieu le partenariat entre l’ensemble des acteurs. De meme, la Region
retient la necessite de se positionner autrement, en tenant compte du
desengagement de l’Etat, sur des missions propres et en coordination avec
les collectivites mais aussi avec l’Etat, a travers des partenariats a
approfondir avec le champ de l’education, celui de l’incarceration, etc. Il
existe en effet des moments cles ou on peut agir pour etablir un contact
avec des jeunes, qui necessite une action forte entre l’ensemble des
acteurs concernes.

Sur la question des publics et des territoires, on constate que les jeunes
ne sont definitivement pas attaches a un territoire. Il convient donc pour
la Region de prendre en compte cette realite en developpant des actions
transversales concernant la jeunesse, telles qu’elles pouvaient par exemple
exister dans les contrats de ville 2000.

Enfin, il demeure un grand chantier qu’il sera necessaire d’affronter :
celui des representations des jeunes des quartiers a l’egard du travail et
celui de la discrimination dont peuvent etre victimes ces jeunes dans le
monde de l’emploi.

Les echeances regionales concernant la jeunesse sont les suivantes.
Katia
Philippe presentera une deliberation sur la jeunesse a l’automne 2005. Les
deliberations concernant l’habitat vont etre appliquees prochainement.
Elles comprennent notamment un volet citoyennete qui integre la question de
la jeunesse. Seront egalement mises en place les nouvelles conventions
entre Villes, Region et ANRU. Enfin, nous aborderons l’evaluation et les
perspectives des contrats de ville lies au contrat de Plan Etat Region qui
arrive a echeance en 2006. "

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[1] Tableaux de bord des quartiers Rhone-Alpes en contrat de ville
[2] Loi d’orientation pour l’amenagement et le developpement durable du
territoire du 25 juin 1999.
[3] Loi relative au renforcement et a la simplification de la cooperation
intercommunale du 12 juillet 1999.
[4] 94% d’entre eux sont francais, et parmi les 6% restant qui sont de
nationalite etrangere, la moitie a debute les demarches d’acquisition de la
nationalite francaise.
[5] INSEE, Les jeunes, contours et caracteres, 2000.
[6] 36% ont 24-25 ans, 27% ont 22-23 ans, 27% ont 21-22 ans, 10% ont 18-19
ans. Quelques-uns sont mineurs.