<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Marie-Odile NOVELLI</title>
	<link>http://www.monovelli.net/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net (Sarka-SPIP)</generator>

	<image>
		<title>Marie-Odile NOVELLI</title>
		<url>http://www.vertsregion.org/local/cache-vignettes/L117xH120/siteon0-38e4a.jpg</url>
		<link>http://www.monovelli.net/</link>
		<height>120</height>
		<width>117</width>
	</image>



 
	<item xml:lang="fr">
		<title>Que peuvent les &#234;tres humains face aux d&#233;sordres &#233;conomiques mondiaux ? </title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1369</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1369</guid>
		<dc:date>2015-08-31T16:10:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Commencer par s'affranchir des id&#233;ologies ultralib&#233;rales conservatrices (gouvernants Europ&#233;ens sociaux d&#233;mocrates en t&#234;te !). L'Euro n'&#233;tant qu'un moyen, un outil au service de visions &#233;conomiques et sociales id&#233;ologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a trois sujets tabou qui doivent cesser de l'&#234;tre si nous voulons cesser de vouloir subir le syst&#233;me &#233;conomique mondial cr&#233;e par les humains : d'abord la r&#233;duction du temps de travail, tabou parmi les tabous, ensuite la ma&#238;trise de la finance dont les tentatives r&#233;centes de (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Commencer par s'affranchir des id&#233;ologies ultralib&#233;rales conservatrices (gouvernants Europ&#233;ens sociaux d&#233;mocrates en t&#234;te !). L'Euro n'&#233;tant qu'un moyen, un outil au service de visions &#233;conomiques et sociales id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y a trois sujets tabou qui doivent cesser de l'&#234;tre si nous voulons cesser de vouloir subir le syst&#233;me &#233;conomique mondial cr&#233;e par les humains : d'abord la r&#233;duction du temps de travail, tabou parmi les tabous, ensuite la ma&#238;trise de la finance dont les tentatives r&#233;centes de r&#233;gulation sont mises &#224; mal par les politiques conservatrices ultralib&#233;rales. Etant entendu - 3eme point- que toute tentative d'am&#233;liorer la justice sociale n&#233;cessite &#233;videmment des formes de redistribution donc une r&#233;forme fiscale -promise et non r&#233;alis&#233;e en France-. (On assiste au contraire &#224; une aggravation de l'inefficacit&#233; et de l'injustice fiscale dans le monde - cf &#034;La crise fiscale qui vient&#034; de la fiscaliste Canadienne Brigitte Alepin)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travailler moins pour travailler tous&lt;/strong&gt; : cet objectif est- il si d&#233;suet, et cette proposition si illogique, que les conservateurs qui mettent en haut de leur &#233;chelle de valeur leur profit personnel [s'enrichir rendrait plus heureux ( s&#233;rieusement ?)]- auraient r&#233;ussi &#224; convaincre la plan&#232;te enti&#232;re ? A faire croire que l'am&#233;lioration des conditions de vie d'un grand nombre de personnes passerait par l'enrichissement d&#233;ment de quelques uns ? Et par une r&#233;partition du travail bien comprise entre cadres et techniciens surmen&#233;s d'un c&#244;t&#233; et ch&#244;meurs de l'autre, sous l'oeil vigilant des actionnaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu de calme et de logique : comme le dit jean Fran&#231;ois Noblet, Conseiller environnement [&lt;a href=&#034;http://ecologienoblet.fr/&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://ecologienoblet.fr/&lt;/a&gt;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Est-ce que la quantit&#233; de travail disponible pourrait satisfaire les demandes d'emplois ? Na&#239;vement je serais plut&#244;t enclin &#224; consid&#233;rer que la quantit&#233; globale de travail possible, donc d'emplois, sur la plan&#232;te diminue. En effet notre technologie supprime tous les jours des emplois : on remplace les emplois de guichetiers, de caissi&#232;res, d'imprimeurs, de secr&#233;taires par l'informatique. Les machines font le travail des ouvriers et des agriculteurs et internet supprime les interm&#233;diaires. Chacun peut dor&#233;navant exercer plusieurs m&#233;tiers en plus du sien : loueur de sa voiture, de sa maison, de sa piscine ou vendeur de vieux bouquins ou de costumes d'occasion. Rappelons nous&#8230;Quant on voulait envoyer un bulletin associatif &#224; des adh&#233;rents en 1980 il fallait trouver une secr&#233;taire, un imprimeur, des volontaires pour faire les enveloppes, une posti&#232;re et un facteur. Aujourd'hui j'envoie bulletin avec photos en 2 clics sur mon ordinateur. ..Il est peu probable que le nombre d'ing&#233;nieurs informatiques ou de vendeurs et r&#233;parateurs (S'ils existent !) d'ordinateurs compensent le nombre d'emplois d&#233;truits dans mon dernier exemple. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;L'&#233;mission sur les g&#233;ants du net rediffus&#233;e ce soir sur canal + (sp&#233;cial investigation) confirme l'intuition de J.fran&#231;ois : &lt;/i&gt; l'&#233;conomie num&#233;rique cr&#233;e tr&#232;s peu d'emplois, mais en 3 ans les SDF ont prolif&#233;r&#233; dans la Silicone Vall&#233;e, 20 % de la population vit avec moins de 1 dollar /jour, beaucoup de gens sont expuls&#233;s car l'immobilier a flamb&#233;...Par contre, ces grosses entreprises ne paient pratiquement pas d'imp&#244;ts locaux (Twitter, Facebook, gogle...) et privatisent les ex services publics. Dire que l'&#233;cart entre riches et pauvres s'accroit est un euph&#233;misme ! Echapper &#224; l'imp&#244;t, un sujet majeur pour les riches entreprises et les riches m&#233;nages...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pol&#233;mique sur les 35 heures (nous souhaitions 32 h) , RTT imparfaitement mise en place, ne doit pas cacher - c'est mon avis- &lt;i&gt;les &#233;l&#233;ments positif&lt;/i&gt;s de la r&#233;duction du temps de travail malgr&#233; ses limites &lt;br class='autobr' /&gt;
([ex &lt;a href=&#034;http://www.alternatives-economiques.fr/le--bon--bilan-des-35-heures_fr_art_1137_58027.html&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://www.alternatives-economiques.fr/le--bon--bilan-des-35-heures_fr_art_1137_58027.html&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menaces sur la r&#233;gulation financi&#232;re &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un effort de r&#233;gulation a &#233;t&#233; amorc&#233; apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008, effort aujourd'hui menac&#233;. L'article de Christian Chavagneux (Alternative &#233;conomiques) en pr&#233;cise les contours, lui qui estime n&#233;anmoins que tout n'est pas encore perdu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ministre des finances britanniques a mis &#224; la porte cet &#233;t&#233; Martin Wheathley, le r&#233;gulateur en chef du 1er centre financier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux &#233;tats unis, apr&#232;s 5 ans de la loi Dodd Frank de r&#233;gulation financi&#232;re, et la mise en place de lourdes p&#233;nalit&#233;s financi&#232;res pour les tricheurs, les politiques de tous poils seraient de train de freiner des deux pieds face aux pressions du lobby bancaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; Europ&#233;en, c'est peut-&#234;tre pire : le nouveau commissaire (Jonathan Hill qui a remplace Michel Barnier) a ent&#233;r&#233; le rapport de ce dernier pr&#233;conisant de placer les activit&#233;s les plus dangereuses des banques dans des filiales &#224; part ; pr&#233;cisant qu'il serait moins exigeant -plus prudent) en ce qui concerne l'obligation pour les manques de d&#233;tenir plus de capital. Seuls points positifs : un retour en arri&#232;re prendrait du temps, et du c&#244;t&#233; am&#233;ricain, Hillary Clinton s'engage &#224; freiner les prises de risques excessives des banques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La domination de l'ideologie aust&#233;ritaire du c&#244;t&#233; de l' Europe met &#224; mal l'euro&lt;/strong&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En imposant un nouvel ajustement budg&#233;taire socialement r&#233;cessif, qui frappe particuli&#232;rement la Gr&#232;ce, l'Union Europ&#233;enne semble choisir &#171; un type particulier de conservatisme neolib&#233;ral &#187;(Shahin Vall&#233;e) &#171; Cette approche menace de distendre L&#8216; Europe jusqu'au point de rupture &#187; pr&#233;cise Joska Fischer ; car les peuples n'en voit plus le sens. Il s'agit d'un probl&#232;me politique, mais qui se focalise &#224; tort sur un instrument : l'euro.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Difficile selon les sp&#233;cialistes de faire un bilan honn&#234;te de l' Euro&lt;/i&gt;, de ce qu'il se serait pass&#233; sans l'euro ...Mais cependant on peut noter que les raisons qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; sa cr&#233;ation restent valables aujourd'hui : avoir son mot &#224; dire face aux g&#233;ants mondiaux, peser ensemble, ne pas rajouter au dumping social et fiscal le dumping mon&#233;taire. Avec le retour au franc, les taux d'int&#233;r&#234;t seraient nettement plus &#233;lev&#233;s (etc)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour Christian Chavagneux (Alternatives Economiques de ce jour) un certain nombre de graves d&#233;fauts de l' Euro ont &#233;t&#233; corrig&#233;s&lt;/i&gt; ( avec le MES = m&#233;canisme de stabilit&#233;, avec le Quantitative Easing = injection de capitaux via rachats de cr&#233;dits douteux tenus par les acteurs financiers). &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Mais l'orientation actuelle demeure structurellement r&#233;cessive. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;La France si elle avait une parole forte, pourrait changer la donne . &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont les journalistes &#233;conomiques qui enjoignent les hommes d'Etat &#224; faire de la Politique !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Finalement, ce qui est le plus difficile aujourd'hui, ce n'est pas que les &#233;lus au plus haut niveau soient en partie impuissants : ce qui est le plus d&#233;cevant, c'est qu'ils refusent de faire de la politique tout court ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;MON-&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Capitalisme et crise d&#233;mocratique</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1348</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1348</guid>
		<dc:date>2015-04-19T19:56:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/squelettes-dist/puce.gif&#034; width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; BILLET-Notre crise politique rev&#234;t plusieures facettes : li&#233;e avant tout &#224; l'impuissance du politique face au capitalisme mondial financiaris&#233;, qui engendre des cons&#233;quences concr&#232;tes telles que crise fiscale, crise sociale et crise &#233;cologique plan&#233;taire, elle est aussi une crise de la d&#233;mocratie et de nos institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous manque &#224; la fois une bonne compr&#233;hension des probl&#232;mes, et une bonne gouvernance d&#233;mocratique, que la 5eme r&#233;publique fran&#231;aise et europ&#233;enne n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;Pour mieux comprendre la crise... et imaginer en sortir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre crise politique rev&#234;t plusieures facettes : li&#233;e avant tout &#224; l'impuissance du politique face au capitalisme mondial financiaris&#233;, qui engendre des cons&#233;quences concr&#232;tes telles que crise fiscale, crise sociale et crise &#233;cologique plan&#233;taire, elle est aussi une crise de la d&#233;mocratie et de nos institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous manque &#224; la fois une bonne compr&#233;hension des probl&#232;mes, et une bonne gouvernance d&#233;mocratique, que la 5eme r&#233;publique fran&#231;aise et europ&#233;enne n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;BILLET&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;ETHIQUE, JUSTICE ET DEMOCRATIE EN POLITIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La R&#233;publique doit se construire sans cesse car nous la concevons &#233;ternellement r&#233;volutionnaire, &#224; l'encontre de l'in&#233;galit&#233;, de l'oppression, de la mis&#232;re, de la routine, des pr&#233;jug&#233;s, &#233;ternellement inachev&#233;e, tant qu'il reste des progr&#232;s &#224; accompli&lt;/i&gt;r. &#187;&lt;br /&gt; Pierre Mend&#232;s France.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La Politique est en crise, mais apparemment pas le concept de &#034;R&#233;publique&#034;, cet h&#233;ritage commun que se disputent aujourd'hui &#226;prement les partis politiques : la Droite [qui se fait bient&#244;t appeler &#034;les R&#233;publicains&#034;], la Gauche, et maintenant l'Extr&#234;me Droite -&#034;nous sommes les seuls garants de la R&#233;publique&#034;- affirme Madame Lepen... Aucun n'en a cependant la m&#234;me d&#233;finition.&lt;br /&gt;Il nous manque &#224; la fois une bonne compr&#233;hension des probl&#232;mes, et une bonne gouvernance d&#233;mocratique, que la 5eme r&#233;publique fran&#231;aise et europ&#233;enne n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La compr&#233;hension des probl&#232;mes est une urgence. Mais ce qui manque le plus, ce n'est pas la production d'outils d'analyse pertinents, car ceux-ci existent : qu'il s'agisse par exemple du dernier livre de Naomi Klein , TOUT PEUT CHANGER, Capitalisme &amp; changement climatique ou du livre &#034;La crise Fiscale qui vient&#034; de Brigitte Alepin ou m&#234;me les interventions de Pascal Canfin et Eva Joly sur les paradis fiscaux ou encore du livre de Thomas Picketty sur le Capitalisme du 21&#232;me si&#232;cle... &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce qui manque, c'est une explicitation des probl&#232;mes par les grands acteurs politiques,&lt;/strong&gt; comme le souhaitait Pi&#232;rre Mendes France. &lt;br /&gt;On ne peut compter ni sur l'opposition de droite actuelle ni sur les sociaux d&#233;mocrates fran&#231;ais, ni sur les autres forces de gauche et &#233;cologistes [ pour des raisons qui tiennent &#224; la fois &#224; leur faiblesse &#233;lectorale dans un syst&#232;me pr&#233;sidentiel et &#224; leurs erreurs strat&#233;giques, le choix du court termisme]. Si le FN progresse, c'est parce qu'il semble donner des gages sur ces deux plans : explications et solutions. Semble, dis- je, car les solutions sont &#224; la fois &#233;conomiquement irr&#233;alistes, et &#233;thiquement inhumaines et trompeuses.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais expliquer les probl&#232;mes, gouverner et guider D&#233;mocratiquement, suppose une &#233;thique forte et la conviction que &#171; L'&#233;l&#233;ment fondamental du syst&#232;me d&#233;mocratique, c'est la v&#233;rit&#233;&#034;.&#8230;/&#8230; (P. Mendes France).&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;S'il n'y a pas d'honn&#234;t&#233; de la part de ceux qui jouent un r&#244;le dans les institutions, il ne peut y avoir de d&#233;mocratie&lt;/strong&gt; ! &#187; (PMF) ..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Or, l'honn&#232;tet&#233; absolue, c'est le contraire souvent de l'efficacit&#233; en politique :&lt;/strong&gt; qu'on se rem&#233;more le tr&#232;s instructif film de Steven Spielberg,&lt;i&gt; Abraham Lincoln&lt;/i&gt;, o&#249; l'on voit le pr&#233;sident Lincoln retourner un &#224; un les opposants &#224; l'abolition de l'esclavage en usant de rapports de force (et pas seulement de conviction). Encore Lincoln &#233;tait - il anim&#233; par des motivations sinc&#232;res et humaines.&lt;br /&gt; L'exercice du pouvoir est plus complexe et risqu&#233; car il requiert de concilier deux inconciliables : le sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, une &#233;thique donc, et l'efficacit&#233;, qui elle n'a pas de limites. &lt;br /&gt;La question institutionnelle devrait &#234;tre de pouvoir placer ces limites. A ce titre elle nous concerne tous.&lt;br /&gt;Voil&#224; pourquoi la r&#233;solution de la Crise structurelle que nous vivons depuis plus de 10 ans suppose aussi une r&#233;volution institutionnelle, et plus encore, une r&#233;volution morale ou &#233;thique, bref, une R&#233;volution mentale. Qui ne sera pas faite par les politiques, en tous cas pas spontan&#233;ment. Ceci est Notre responsabilit&#233; de Citoyen.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA REPUBLIQUE, SES FINALITES, D'APR&#200;S PIERRE MENDES FRANCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La R&#233;publique doit se construire sans cesse car nous la concevons &#233;ternellement r&#233;volutionnaire, &#224; l'encontre de l' in&#233;galit&#233;, de l'oppression, de la mis&#232;re, de la routine, des pr&#233;jug&#233;s, &#233;ternellement inachev&#233;e, tant qu'il reste des progr&#232;s &#224; accomplir. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; L'&#233;l&#233;ment fondamental du syst&#232;me d&#233;mocratique, c'est la v&#233;rit&#233;.&#8230;/&#8230;S'il n'y a pas d'honn&#234;t&#233; de la part de ceux qui jouent un r&#244;le dans les institutions, il ne peut y avoir de d&#233;mocratie. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Que le pouvoir soit d&#233;l&#233;gu&#233; pendant 5 ans &#224; des hommes non contr&#244;l&#233;s m&#234;me s'ils ont &#233;t&#233; librement &#233;lus, ce n'est pas encore la D&#233;mocratie. La d&#233;mocratie, c'est quelque chose qui doit se manifester de mani&#232;re permanente &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;/&#8230; &#187;par la permanence de la pression du peuple, par l'action des citoyens toujours exigeants pour que leurs d&#233;cisions soient respect&#233;es ; et d'autre part, .. par mes reformes institutionnelles qui doivent permettre &#224; ces pressions d' s'exercer, de se faire jour l&#224; o&#249; se prennent les decisions, l&#224; o&#249; s'exercent les contr&#244;les. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Une d&#233;cision ne peut &#234;tre prise valablement que si les chefs politiques ont expos&#233; et repr&#233;sent&#233; au pays les th&#232;ses entre lesquelles il est appel&#233; &#224; choisir ; il doivent faire apparaitre et comprendre les facteurs et ressorts durables qui s'offrent ; chacun soutient les solutions qui lui semblent les meilleures en fonction de son &#233;thique personnelle, la discussion politique fait &#233;clater les contradictions, les dissentiments ; loin de les redouter, l'homme politique les souligne au besoin pour faciliter l'arbitrage de l'opinion. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;( les grands discours r&#233;publicains, le Cherche-midi &#233;diteur)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Mendes France, Pr&#233;sident du Conseil (1954 - 55) et artisan de la d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Pour mieux comprendre la crise... et esp&#233;rer en sortir</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1340</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1340</guid>
		<dc:date>2015-03-07T14:07:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quelques articles plus anciens, &#034;de base&#034;, pour mieux appr&#233;hender la crise d'o&#249; l'on vient, dont on n'est pas sorti, et celle qui vient....&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir notamment :&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;les articles 568, 569,1332..&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Respectivement : comment la crise est n&#233;e (alternatives &#233;conomiques 2008), Crise et &#233;conomie : les 4 pistes de l'&#233;cologie politique, la crise fiscale qui vient de B. Alepin (2013)&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.vertsregion.org/spip.php?article568&#034; class='spip_url spip_out'&gt;http://www.vertsregion.org/spip.php...&lt;/a&gt;- ; &lt;a href=&#034;http://www.vertsregion.org/spip.php?article569&#034; class='spip_url spip_out'&gt;http://www.vertsregion.org/spip.php...&lt;/a&gt; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.vertsregion.org/.vertsregion.org/spip.php?article1332&#034; class='spip_url spip_out'&gt;.vertsregion.org/spip.php?article1332&lt;/a&gt; ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>La crise fiscale qui vient de Brigitte Alepin </title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1332</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1332</guid>
		<dc:date>2015-02-19T23:49:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir vu le film documentaire &#034;le prix &#224; payer&#034; (voir sur ce blog : ) j'ai lu avec un grand int&#233;r&#234;t le livre de Brigitte Alepin, publi&#233; en 2011 La crise fiscale qui vient . Le Blog de ben http://bligneri.blogspot.fr en fait une int&#233;ressante critique : la voici.&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction : Ce livre tire la sonnette l'alarme par rapport aux r&#233;gime fiscal actuel qui menace l'esprit de la d&#233;mocratie. Quoique centr&#233; sur le Canada, ce livre s'appuie sur de nombreux exemples du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les exemples (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&#034;&#034; align=&#034;right&#034; src=&#034;http://www.vertsregion.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton1332-1ad8d.jpg&#034; width='100' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s avoir vu le film documentaire &#034;le prix &#224; payer&#034; (voir sur ce blog : &lt;a href=&#034;http://www.vertsregion.org/spip.php?article1327&#034; class='spip_url spip_out'&gt;http://www.vertsregion.org/spip.php...&lt;/a&gt;) &lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai lu avec un grand int&#233;r&#234;t le livre de Brigitte Alepin, publi&#233; en 2011 &lt;i&gt;La crise fiscale qui vient &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Blog de ben &lt;a href=&#034;http://bligneri.blogspot.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://bligneri.blogspot.fr&lt;/a&gt; en fait &lt;br class='autobr' /&gt;
une int&#233;ressante critique : la voici. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; : Ce livre tire la sonnette l'alarme par rapport aux r&#233;gime fiscal actuel qui menace l'esprit de la d&#233;mocratie. Quoique centr&#233; sur le Canada, ce livre s'appuie sur de nombreux exemples du monde entier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les exemples sont pour la plupart tir&#233;s des pays d&#233;velopp&#233;s cependant, les m&#234;mes d&#233;rives fiscales s'appliquent de mani&#232;re encore plus marqu&#233;e dans les pays ou les lois, r&#232;glements et plus g&#233;n&#233;ralement la transparence sont moins forme que les pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce livre, la fiscalit&#233; (collection des imp&#244;ts par les &#233;tats) est expliqu&#233;e en terme clairs et simples compr&#233;hensibles par le commun des mortels. Il est possible, en simplifiant &#224; l'extr&#234;me, de consid&#233;rer la fiscalit&#233; comme un des outils principaux que les &#233;tats utilisent pour redistribuer les richesses au sein des soci&#233;t&#233;s qu'ils &#034;g&#232;rent&#034;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le second chapitre aborde la probl&#233;matique de (d&#233;)fiscalisation des entreprises. Au Canada, par exemple, on est pass&#233; de 29,9% en 2000 &#224; 15% pr&#233;vu pour 2012. L'Irlande est d&#233;j&#224; &#224; 12.5% (et est mise &#224; l'index par l'Union Europ&#233;enne &#224; cause de cela) tandis que la moyenne de l'OCDE est de 27.6%. En pratique, seules les &#034;petites soci&#233;t&#233;s locales&#034; payent ces taux, les multinationales peuvent choisir les pays/provinces les plus attrayantes et d&#233;localiser leur si&#232;ge social en un tour de main en plus de pratiquer l'&#233;vasion fiscale (paradis fiscaux, zones franches, etc.) &#224; un &#233;chelle jamais vue jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La probl&#233;matique de qui taxer est &#233;galement abord&#233;e : actionnaires, employ&#233;s ou clients. Chacun avec ses avantages et inconv&#233;nients.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les paradis fiscaux (chapitre III)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est amusant de voir que les paradis fiscaux sont document&#233;s et &#233;tudi&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es. Cependant, pas grand chose n'est fait pour les &#034;fermer&#034; c'est &#224; dire ... les fiscaliser. Cependant, les r&#233;cents sommets du G20 (2009 et plus r&#233;cents) visaient tout particuli&#232;rement ces pays avec la mise en place de r&#232;gles internationales sur la transparence fiscale. L'attitude change donc, surtout depuis la crise et les profits, que l'on pourrait qualifier d'amoraux des plus grands groupes mondiaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les paradis fiscaux augmentent l'in&#233;galit&#233; riche/pauvre puisque seuls les premiers en b&#233;n&#233;ficient au niveau individuel. Au niveau des entreprises, 83% des 1000 plus grosses compagnies am&#233;ricaines ont une/des filiales dans des paradis fiscaux tandis que l'&#233;vasion fiscale des Google, IBM, Microsoft, etc. leurs permettent d'aller chercher un taux record d'imposition de l'ordre de 2.4%. Des bras de fers sont engag&#233;s par les gouvernements pour r&#233;cup&#233;rer les sommes qui, d'apr&#232;s eux, leurs sont dues. Rien n'est gagn&#233; cependant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise qui a particuli&#232;rement secou&#233; les banques d&#233;montre que les institutions financi&#232;res, cens&#233;es g&#233;rer en bon p&#232;re de famille les finances des contribuables sont toutes impliqu&#233;es dans des montages financiers bidons et ce dans plusieurs paradis fiscaux du monde entier. Les r&#232;gles de transparence de ces filiales &#233;tant ... nulles, les bilans affich&#233;s par ces soci&#233;t&#233;s sont donc des plus discutables. Ainsi, la bulle du cr&#233;dit US ainsi que les diff&#233;rents ponzi (dont le plus gros semble &#234;tre l'affaire Madoff) impliquent tous des transferts d'argent &#224; hauteur de milliers de milliards de dollars dans des filiales offshore de ces respectables institutions : soit pour camoufler des pertes soit pour ne pas faire de b&#233;n&#233;fices (et donc pour ne pas payer d'imp&#244;ts).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chapitre IV : Mondialisation et Internet &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#232;gles d'imposition datent d'un autre &#226;ge ou les producteurs de bien mat&#233;riels se devaient d'avoir pignon sur rue dans les pays dans lesquels ils souhaitaient vendre. La venue d'Internet, de la mondialisation et l'abaissement des frais de transport a fait en sorte que ceci n'est plus vrai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce chapitre s'appuie plus particuli&#232;rement sur les &#233;changes entre les USA et le Canada, en particulier par les entreprises Internet comme eBay et Amazon. eBay a ainsi vendu pour 1Milliard de $ (CAD) au Canada pour un grand total de ... 7 employ&#233;s (donn&#233;es pour 2007-2008). Plusieurs proc&#232;s de eBay vs le gouvernement du Canada sont en cours pour que le Canada puisse percevoir les taxes ... auxquelles il a droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, les r&#232;gles doivent changer mais pendant ce temps, tous les acteurs d'Internet profitent beaucoup de ce vide et payent un minimum de taxe dans tous les pays (y compris leur pays d'origine, via des paradis fiscaux !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fondations de charit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le chapitre qui m'a le plus surpris. Ce volet de la fiscalit&#233; m'avait compl&#232;tement &#233;chapp&#233;. Pourtant, il y a des chiffres qui donnent le vertige ! Au Canada, les 10 plus grandes fondations sont capitalis&#233;es &#224; hauteur de 10 Milliard de $. En 2007-2008, les fondations publiques et priv&#233;es g&#233;raient pour 34 milliards de $. Pourtant, leur dons n'ont pas grand chose &#224; voir avec leur moyens ! La seule r&#232;gle (au Canada) est de verser 3.5% de leurs actifs et ce annuellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une compl&#232;te opacit&#233; est alors en place : aucune donn&#233;e n'a besoin d'&#234;tre rendue publique, aucun compte n'a a &#234;tre rendu &#224; qui que se soit, les administrateurs (souvent des hommes et femmes d'affaire qui g&#232;rent d&#233;j&#224; ... leur propre soci&#233;t&#233;) n'ont que tr&#232;s peu de temps &#224; consacrer &#224; leur fondation, les projets sont s&#233;lectionn&#233;s sans aucun appel d'offre et sans aucune analyse de leur pertinence/succ&#232;s et &#233;chec (le plus souvent, c'est le r&#233;seau de contact qui est important, pas le ou les projets).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, avoir de telles sommes d'argent au main d'entit&#233; qui ne sont pas tenues d'agir pour l'int&#233;r&#234;t public et qui ne sont pas &#233;lues par le public. Cet &#233;tat de fait est encourag&#233; par le gouvernement qui favorise les dons de charit&#233;s via un r&#233;gime fiscal int&#233;ressant. L'argent ainsi g&#233;r&#233; par les fondations l'est alors sans aucun droit de regard par son cr&#233;ateur c'est &#224; dire l'&#233;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la plupart des cas, les projets des fondations sont r&#233;alis&#233;s en partenariat avec des &#233;tats qui financent (quelque part avec leur propre argent puisqu'une bonne partie des avoirs des fondations vient des imp&#244;ts ... non per&#231;us par l'&#233;tat !) le plus souvent &#224; hauteur de 50%. Cependant, quoique l'&#233;tat finance &#224; 50% + 30-40% (les imp&#244;ts non per&#231;us), les projets sont le plus souvent g&#233;r&#233;s par les fondations dont les dirigeant ne sont pas &#233;lus, qui proc&#232;dent sans appel d'offre et sans r&#233;elle mesure de performance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pis encore, bien souvent, les fondations sont actives dans d'autres pays (pas forc&#233;ment plus pauvres ou moins bien nantis que le pays qui h&#233;berge la fondation !). Dans ce cas, le bilan financier est encore plus lourd pour l'&#233;tat et donc le contribuable puisque l'argent, financ&#233; par l'&#233;tat, quitte le pays et ne profite que tr&#232;s peu au contribuable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le p&#233;rilleux virage fiscal vert au Canada&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s int&#233;ressante section, relativement apolitique mais tr&#232;s bien document&#233;e. Ce chapitre est un peu plus centr&#233; sur le Canada et moins &#034;g&#233;n&#233;ralisable&#034; que les autres. Il couvre les diff&#233;rents aspects reli&#233;s aux engagements de Kyoto ainsi que sur les cons&#233;quences, positives ou non, de la mise en place d'une fiscalit&#233; verte au Canada (bourse carbone, taxe sur les &#233;missions, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En analysant les succ&#232;s de la mise en place d'une fiscalit&#233; verte (principalement en Europe), l'auteure d&#233;montre qu'il est n&#233;cessaire d'avancer en prenant en compte la r&#233;alit&#233; financi&#232;re et &#034;verte&#034; de chaque pays. Le cas du Canada est difficile compte-tenu&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226;	des grandes diff&#233;rences de production de CO2 par province et donc de l'alt&#233;ration de la distribution de la richesse que cr&#233;erait une telle mesure&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226;	de la r&#233;partition provincial/f&#233;d&#233;rale des responsabilit&#233;s &#233;cologiques&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226;	de l'attitude et du principal partenaire du Canada, les USA, par rapport &#224; une politique fiscale verte&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226;	des enjeux constitutionnels&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226;	le manque de conscience &#233;cologique des &#233;lecteurs Canadien&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, Statistique Canada estime que 3.2% du PIB canadien est du &#224; l'extraction de p&#233;trole. Extraction qui est en forte croissance &#233;tant donn&#233; que la ressource se rar&#233;fie. Ainsi, la Colombie Britannique a accru ses &#233;missions de CO2 de +27.5% en 2006, par rapport &#224; 1990 tandis que l'extraction d'un baril de p&#233;trole des sables bitumineux est plus efficace de 40%).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dit autrement, le Canada doit il &#034;s'appauvrir&#034; et payer cette taxe &#233;cologique et ce alors que le PIB par habitant en parit&#233; du pouvoir d'achat du Canada/habitant est de 38183 $US (13&#232;me mondial) tandis que le PIB du principal consommateur de ces ressources, les USA est de 46859$US (6&#232;me au monde) ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un excellent livre s&#233;rieux et document&#233; qui, sans simplifier &#224; outrance, expose, parfois de mani&#232;re tr&#232;s magistrale les tenants et les aboutissants de la fiscalit&#233; moderne qui est, par de nombreux aspects, mal adapt&#233;e par rapport aux r&#233;alit&#233;s du monde actuel (mondialisation, multi-nationales, fondations de charit&#233;, &#233;cologie) en posant des questions peu &#233;videntes (qui doit payer pour quoi) le tout illustr&#233; d'exemples, souvent sp&#233;cifiques &#224; la r&#233;alit&#233; Canadienne et Am&#233;ricaine mais aussi en consid&#233;rant une vision d'ensemble plus vase (Union Europ&#233;enne, OCDE, Inde, Chine, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;volutions sont, pour la plupart, le fruit d'une fiscalit&#233; mal adapt&#233;e. On peut ainsi penser &#224; la r&#233;volution am&#233;ricaine (Tea Party), Fran&#231;aise et, plus proche de nous, aux r&#233;volutions qui agitent les pays arabes (dont l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur a &#233;t&#233; l'immolation d'un entrepreneur qui n'arrivait pas &#224; cr&#233;er son commerce, une boulangerie car les r&#232;gles en vigueurs et le &#034;taxage&#034; bureaucratique ont rendu cette exp&#233;rience insupportable pour lui).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fiscalit&#233; des pays d&#233;velopp&#233;s est d'une complexit&#233; incroyable, le fruit d'une &#233;volution de plusieurs centaine d'ann&#233;es. Les gouvernements sont, pour la plupart, incapables d'&#233;valuer la pertinence et la performance d'une loi fiscale donn&#233;e (en particulier : percevoir l'imp&#244;t co&#251;te t'il moins cher que ... ce qu'il rapporte). L'immense majorit&#233; des citoyens (75% &#224; 90%) se retrouvent seuls &#224; assumer les pertes d'organisations qui sont seules capables de b&#233;n&#233;ficier et d'abuser de ces r&#233;gimes fiscaux cr&#233;&#233;s presque exclusivement pour leur seul bien. Le r&#233;volte gronde et les citoyens se sentent de moins en moins dans un &#233;tat d&#233;mocratique : rien n'&#233;tant fait (ou tr&#232;s peu) pour corriger le tir d'une &#233;lite financi&#232;re qui ne pense qu'a son bien &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jour ou les citoyens d'un &#233;tat refusent/ne peuvent plus payer l'imp&#244;t correspond au d&#233;but d'une crise fiscale (Gr&#234;ce, Portugal, Irlande, probablement les USA si la tendance se maintient, etc.) et cela peut donner une r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La derni&#232;re phrase du livre est la suivante : &#034;La balle est maintenant dans le camp des politiques. C'est &#224; eux de d&#233;cider s'ils prennent leur responsabilit&#233;s pour imposer des solutions ou s'ils pr&#233;f&#232;rent d&#233;missionner devant les puissances de l'argent&#034;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que cela va d&#233;finir notre futur : contr&#244;ler par des multi-nationales, un peu comme dans les univers cyberpunk de William Gibson et Orson Welles ou alors proche de la d&#233;mocratie que nous connaissons aujourd'hui...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ben&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>POLITIQUE REGIONALE des entreprises &#224; l'international</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1304</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1304</guid>
		<dc:date>2014-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Intervention sur la politique r&#233;gionale en faveur du d&#233;veloppement des entreprises &#224; l'international- Intervention de A. Coulombel, conseiller regional &#233;cologiste, agr&#233;g&#233; d'&#233;conomie&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intervention sur la politique r&#233;gionale en faveur du d&#233;veloppement des entreprises &#224; l'international- Intervention de A. Coulombel, conseiller regional &#233;cologiste, agr&#233;g&#233; d'&#233;conomie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/images/Coulombel.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt; Par Alain Coulombel&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Intervention sur la politique r&#233;gionale en faveur du d&#233;veloppement des entreprises &#224; l'international&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mesdames et Messieurs,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce d&#233;bat qui nous occupe aujourd'hui concernant &#171; la politique r&#233;gionale en faveur du d&#233;veloppement des entreprises &#224; l'international &#187;, notre groupe a fait le choix de faire entendre dans cet h&#233;micycle une autre voix que celle qui s'exprime tr&#232;s largement dans les m&#233;dias, dans les formations politiques (de droite comme de gauche), dans les grandes institutions internationales, comme au sein de notre collectivit&#233;. Combien de fois, Mesdames et Messieurs, en lisant le document distribu&#233; par la r&#233;gion, en parcourant ses objectifs, combien de fois me suis-je demand&#233; - mais quelles &#233;taient encore les diff&#233;rences entre les propositions d'une droite lib&#233;rale et d'une gauche qui se dit pragmatique mais qui concr&#232;tement dans ses orientations renforce la doxa lib&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce m&#233;ta-discours &#233;conomique, qu'un philosophe comme J.Habermas qualifiait de nouvelle th&#233;ologie, repose sur quelques principes simples : pression concurrentielle, d&#233;r&#233;gulation et d&#233;r&#233;glementation, rayonnement international, m&#233;tropolisation des territoires, recherche de comp&#233;titivit&#233;. Est-ce cela le discours d'&#233;mancipation, de solidarit&#233; et de partage que nous devrions tenir, nous qui nous r&#233;clamons des id&#233;aux de la gauche ? Pas m&#234;me un mot sur notre politique de coop&#233;ration et de solidarit&#233;s &#224; l'international sinon pour &#233;voquer le concept de diplomatie &#233;conomique qui n'est finalement qu'un habillage tourn&#233; vers le seul business au d&#233;triment des territoires les plus fragiles, de l'agriculture vivri&#232;re ou des projets locaux.Quand Bernard Soulage affirme tout &#224; l'heure qu'il ne voyait aucune diff&#233;rence entre les soci&#233;t&#233;s du CAC 40 et une coop&#233;rative ou une ONG engag&#233;e dans la coop&#233;ration, j'ai cru r&#234;ver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous l'aurez compris, Mesdames et Messieurs, les &#233;cologistes ne croient pas au socialisme de l'offre, &#224; cette philosophie du combat et de la surench&#232;re o&#249; chaque r&#233;gion du monde entrerait en concurrence (que dis-je dans une guerre &#224; l'ext&#233;rieur, c'est l'expression employ&#233;e par Jean Louis Gagnaire) avec le reste de la plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous voudrions ici vous convaincre que la fameuse croissance des pays &#233;mergents est une croissance de rattrapage, qui par nature ne peut &#234;tre que transitoire et exceptionnelle (comme l'a &#233;t&#233; celle de l'Europe entre 1950 et 1970). Observons, par exemple, les performances &#233;conomiques de nos fameux BRIC :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-	Br&#233;sil &#224; peine plus de 2% de croissance en 2013&lt;br /&gt;-	Russie &#224; peine plus de 1,4% croissance en 2013&lt;br /&gt;-	Inde avec une croissance en 2012/2013 de 5% (l'un des plus mauvais r&#233;sultats depuis 10 ans)&lt;br /&gt;-	Enfin la Chine, dont la puissance d'attraction semble nous fasciner, et qui voit son taux de croissance se stabiliser autour de 7% (apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de croissance &#224; 2 chiffres) et qui &#224; terme devrait se rapprocher des standards europ&#233;ens, soit une croissance proche de z&#233;ro.Il faudrait ajouter &#224; cela, la corruption, la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s qui se renforcent ou encore la mont&#233;e des tensions g&#233;opolitiques sur fond de guerre pour les mati&#232;res premi&#232;res ou pour l'&#233;nergie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme pour la croissance, le th&#232;me de l'entreprise exportatrice (ou du rayonnement international de la r&#233;gion) est de l'ordre de l'incantation ou de la potion magique cens&#233;e r&#233;soudre, le ch&#244;mage, l'endettement, le mal vivre, les in&#233;galit&#233;s sociales.etc.etc.Il ne fait, dans la r&#233;alit&#233;, que renforcer le poids des multinationales, de l'affairisme mondial et du capitalisme financier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si nous ne sommes pas, Mesdames et Messieurs, des partisans du repli ou des &#233;go&#239;smes nationaux, nous ne nous reconnaissons pas pour autant dans la mondialisation actuelle, in&#233;gale, brutale, reposant sur la pr&#233;dation et le pillage de la plan&#232;te, reposant sur l'esclavage ou le travail des enfants comme &#224; Doha, Duba&#239;, la Chine ou encore l'Inde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos convictions reposent, quant &#224; elles, sur ces valeurs qui font si souvent sourire la droite et l'extr&#234;me droite en commission &#171; Europe et solidarit&#233;s internationales &#187; et qui sont celles de la citoyennet&#233; mondiale et de la culture de paix. Nous revendiquons l'application de crit&#232;res &#233;thiques vis-&#224;-vis des pays de destination (droits sociaux, &#233;galit&#233; femme/homme ou encore bannissement des paradis fiscaux.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faire de l'attractivit&#233; du territoire ou de l'exportation des entreprises rh&#244;nalpines (petites ou grandes), un objectif prioritaire - voire exclusif -de nos politiques, sans jamais se soucier des contenus export&#233;s, sans se pr&#233;occuper des cons&#233;quences climatiques de cette circumnavigation plan&#233;taire, sans &#233;valuation sur l'&#233;volution de l'emploi et de leur qualit&#233;, TOUT CELA est suicidaire et ne fait pas sens aux yeux de nos concitoyens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous regrettons que l'Etat et les collectivit&#233;s territoriales soient aujourd'hui au service exclusif du seul discours &#233;conomique et son th&#233;or&#232;me de l'&#233;quivalence g&#233;n&#233;rale :&lt;br /&gt;Tout se vaut, tout s'&#233;change, tout est susceptible de devenir l'objet d'une appropriation marchande - une oeuvre d'art, un paysage, ou des biens communs comme l'eau, l'air, la sant&#233;.Jusqu'&#224; l'industrialisation du vivant que nous retrouvons, par exemple, dans le projet d&#233;lirant de la ferme usine des Mille Vaches dans la Somme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;cologistes ne sont pas oppos&#233;s par principe au d&#233;veloppement &#233;conomique international, mais nous consid&#233;rons que la politique r&#233;gionale doit privil&#233;gier plus fortement encore les acteurs &#233;conomiques les plus fragiles, moins &#224; m&#234;me d'acc&#233;der aux march&#233;s internationaux (TPE, artisans, petites entreprises culturelles.). Nos propositions sont connues : reconqu&#234;te des march&#233;s de proximit&#233;, la crit&#233;risation de nos subventions.Nous attendons plus de transparence et d'efficacit&#233; dans l'usage de l'argent public (en particulier sur le dossier ERAI). Evitons les d&#233;penses somptuaires comme la participation &#224; des conventions d'affaires, les missions &#224; l'international (comme en Isra&#235;l ou en Chine) ou encore la participation &#224; des salons dont on n'&#233;value jamais les impacts en mati&#232;re de cr&#233;ation d'emploi, de d&#233;localisation et/ou de restructuration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure, faire du d&#233;veloppement &#224; l'international, une dimension structurante de notre politique &#233;conomique r&#233;gionale (comme indiqu&#233; dans le document de la r&#233;gion) &#8211; sans jamais s'interroger sur les finalit&#233;s de celle-ci &#8211;&lt;br /&gt;- c'est s'exposer &#224; la multiplication d'accords dits de libre &#233;change comme le trait&#233; transatlantique ;&lt;br /&gt;- c'est faire du capitalisme financier et du court-termisme, l'horizon ind&#233;passable de nos politiques ;&lt;br /&gt;- c'est encore se laisser fasciner par le vertige de la puissance ;&lt;br /&gt;- c'est enfin s'emp&#234;cher toute r&#233;flexion sur la n&#233;cessit&#233; d'un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement au service d'un nouvel art de vivre dont Patrick Viveret &#233;non&#231;ait, ici m&#234;me, l'an dernier, les principes : attention &#224; autrui, simplicit&#233; et sobri&#233;t&#233; volontaire, refus de la violence, &#233;loge de la lenteur et de la fragilit&#233;, de l'&#233;mancipation et de l'autonomie.&lt;br /&gt;Il serait temps que ces principes fondamentaux cessent de faire sourire. Pour notre part, Ils nourrissent notre engagement et la singularit&#233; de notre message. Notre utopie, en somme.&lt;br /&gt;Quand nos soci&#233;t&#233;s cr&#232;vent d'un manque de sens, quand nos concitoyens se d&#233;tournent du politique, nous croyons qu'il est urgent de penser autrement l'action r&#233;gionale et de se donner d'autres objectifs que la croissance et la concurrence de tous contre tous.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>La fibre optique, un nouveau bien commun </title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1305</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1305</guid>
		<dc:date>2014-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Conseil r&#233;gional Rh&#244;ne Alpes, Session de Juin 2014 : La fibre optique comme bien commun. Par Didier Jouve, Ecologiste et directeur de structure intercommunale.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conseil r&#233;gional Rh&#244;ne Alpes, Session de Juin 2014 : La fibre optique comme bien commun. Par Didier Jouve, Ecologiste et directeur de structure intercommunale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre &#233;conomie : La fibre optique comme bien commun &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le conseil r&#233;gional va soutenir l'&#233;quipement de Rh&#244;ne-Alpes en tr&#232;s haut d&#233;bit num&#233;rique. Didier Jouve a appelle &#224; &#233;viter de r&#233;it&#233;rer le scandale des concessions autorouti&#232;res en mettant en place une gestion publique du r&#233;seau. &lt;br /&gt;&#034;Nombreux sont ceux qui pensent qu'il faut privatiser les profits, et socialiser les pertes. &lt;br /&gt;Nous pensons au contraire que les collectivit&#233;s publiques doivent percevoir un retour sur investissement avec une vision du bien commun &#224; long terme. &lt;br /&gt;Quelques collectivit&#233;s de tous bords ont d&#233;j&#224; pris cette d&#233;cision en mettant leur r&#233;seau en r&#233;gie publique : les d&#233;partements de l'Ain, de la C&#244;te-d'Or, du Tarn-et-Garonne. &#034;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://elus-rhonealpes.eelv.fr/2014/06/17/fibre-optique/&#034;&gt; [voir l' intervention de Didier Jouve ] &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Questionnaire &lt;br /&gt;&lt;strong&gt; &#202;tes-vous favorable &#224; ce que la R&#233;gion encourage le d&#233;ploiement de la fibre optique ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;L'accessibilit&#233; au tr&#232;s haut d&#233;bit aujourd'hui est une condition premi&#232;re de l'installation des entreprises et des particuliers. &lt;br /&gt;A l'&#233;poque o&#249; j'&#233;tais vice-pr&#233;sident &#224; l'am&#233;nagement du territoire, les Verts ont &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; souligner l'importance d'une action volontariste de la R&#233;gion aux c&#244;t&#233;s des collectivit&#233;s.&lt;br /&gt;Malheureusement, ce texte n'est pas &#224; la hauteur de l'ambition projet&#233;e. Par exemple, l'enveloppe pr&#233;visionnelle est r&#233;duite de 17 %. Nous appelons donc &#224; un sursaut politique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Comment alors garantir l'&#233;galit&#233; des territoires ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;Demandons-nous comment la r&#233;gion peut contribuer &#224; r&#233;duire les &#233;carts de d&#233;veloppement entre les m&#233;tropoles et les territoires ruraux. Il faut aider davantage ceux qui en ont plus besoin. Il faut compenser les handicaps g&#233;ographiques ou &#233;conomiques. La R&#233;gion fait l'inverse, en apportant des aides identiques partout. Par endroits ce seront des cadeaux inutiles, ailleurs des aides insuffisantes.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous, un tel r&#233;seau doit-il &#234;tre confi&#233; au priv&#233; ou au public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d'autres temps, des hommes de droite et de gauche avaient su d&#233;cider que ce qui est vital serait public, et avaient nationalis&#233; le r&#233;seau de chemin de fer et le r&#233;seau &#233;lectrique.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, les gouvernements de droite et de gauche ont attribu&#233; aux grandes entreprises le d&#233;ploiement de la fibre dans les zones les plus rentables. On r&#233;it&#232;re le scandale de la vente des soci&#233;t&#233;s d'autoroute.&lt;br /&gt;La R&#233;gion, elle, ne devrait pas subventionner la privatisation du bien commun. Son soutien doit aller aux r&#233;seaux d'initiative publique qui g&#232;reront leur r&#233;seau.&lt;br /&gt;Le r&#233;seau de fibre optique doit &#234;tre un bien commun, un service public, neutre et ouvert. Il s'autofinancerait par les droits d'acc&#232;s attribu&#233;s de fa&#231;on transparente &#224; tous les op&#233;rateurs priv&#233;s qui le souhaitent. La concurrence s'exercerait sur les services offerts. &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mais le priv&#233; n'est-il pas une garantie de choix pour les consommateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le contraire ! Dans le mod&#232;le qui est propos&#233;, la prise n'est &#224; disposition que d'un seul op&#233;rateur. Une fois qu'il a choisi, l'usager est prisonnier de son op&#233;rateur.&lt;br /&gt;Il faut plut&#244;t encourager la mise en place de fonctions kiosque, comme en Su&#232;de, o&#249; on peut acc&#233;der &#224; toutes les offres payantes, rassembl&#233;es sur une mosa&#239;que, ainsi qu'&#224; des services publics de formation, de sant&#233;, d'accompagnement, d'administration, etc.&lt;br /&gt;De plus, il faut promouvoir des mod&#232;les de commercialisation qui permettent l'existence des petits op&#233;rateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ces investissements promettent des revenus pour au moins 50 ans. Qui va percevoir cette recette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui pensent qu'il faut privatiser les profits, et socialiser les pertes. &lt;br /&gt;Nous pensons au contraire que les collectivit&#233;s publiques doivent percevoir un retour sur investissement avec une vision du bien commun &#224; long terme.&lt;br /&gt;Quelques collectivit&#233;s de tous bords ont d&#233;j&#224; pris cette d&#233;cision en mettant leur r&#233;seau en r&#233;gie publique : les d&#233;partements de l'Ain, de la C&#244;te-d'Or, du Tarn-et-Garonne&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Crise:Marianne a trouv&#233; 100 milliards !</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1275</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1275</guid>
		<dc:date>2014-03-21T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'hebdomadaire Marianne affirme avoir &#034; trouv&#233; 100 milliards pour sauver la France&#034;. Pour ma part je suis d'accord avec leur proposition de &#034;mobiliser le Fonds de r&#233;serve pour les retraites (37 milliards) dans le logement social, plut&#244;t que sur les march&#233;s financiers&#034;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'hebdomadaire Marianne affirme avoir &#034; trouv&#233; 100 milliards pour sauver la France&#034;. Pour ma part je suis d'accord avec leur proposition de &#034;mobiliser le Fonds de r&#233;serve pour les retraites (37 milliards) dans le logement social, plut&#244;t que sur les march&#233;s financiers&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a 8 mois, Marianne affirmait &#034;on a trouv&#233; 100 milliards pour sauver la France&#034;. Pour ma part je reste d'accord avec leur proposition de &#034;mobiliser le Fonds de r&#233;serve pour les retraites (37 milliards) dans le logement social, plut&#244;t que sur les march&#233;s financiers&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, c'&#233;tait dans notre proposition pour les r&#233;gionales et les &#233;lections nationales.C'est toujours celle de Nouvelle Donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici une extrait concernant 6 de leur 10propositions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1. R&#233;forme institutionnelle : 11 Milliards ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&#034;La Cour des comptes a par exemple rep&#233;r&#233; qu'en se faisant concurrence les collectivit&#233;s locales d&#233;pensent 1,5 milliard d'euros par an en communication ! Pour l'OCDE, &#171; simplifier la structure des administrations infranationales, notamment en fusionnant les plus petites des 36 700 communes et en supprimant les d&#233;partements, engendrerait des &#233;conomies d'&#233;chelle substantielles &#187;, estim&#233;es &#224; 11,6 milliards d'euros par an.&#034;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2. Supprimer les subventions inefficaces : 4,6 milliards&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#034;Sur les 46 milliards d'euros d'aides diverses aux entreprises (hors baisse des cotisations) r&#233;partis en 1 500 dispositifs diff&#233;rents, le r&#233;cent rapport Queyranne pointe pr&#232;s de 2 milliards d'&#233;conomies possibles, dont 400 millions d'euros inutilement per&#231;us par les chambres de commerce et d'industrie. &lt;br /&gt;De son c&#244;t&#233;, la Cour des comptes a estim&#233; l&#233;gitime d'&#233;conomiser 100 millions d'euros sur les aides &#224; la presse, 95 millions sur les aides aux sports (faut-il vraiment que l'Etat r&#233;tribue les entra&#238;neurs des clubs de golf ?), 200 millions d'euros sur le secteur agricole, 15 sur la culture, 15 sur l'obsol&#232;te prime &#224; l'am&#233;nagement du territoire, 97 sur l'aide aux d&#233;bitants de tabac, et 180 par la suppression de la &#171; majoration des rentes l&#233;gales &#187;, dispositif archa&#239;que d'aide aux assureurs mis en place apr&#232;s guerre pour am&#233;liorer les pensions de certains retrait&#233;s. R&#233;duire simplement de 10 % le volume total de ces 1 500 dispositifs permettrait de basculer 4,5 milliards d'euros vers l'industrie et l'innovation, actuellement les deux parents pauvres du subventionnement public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; 4. Construire 600 000 Logements sociaux : Mobiliser le Fonds de r&#233;serve pour les retraites (37 milliards) dans le logement social, plut&#244;t que sur les march&#233;s financiers.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En r&#233;orientant une partie des 40 milliards de cr&#233;dits du minist&#232;re du Logement et en investissant le Fonds de r&#233;serve pour les retraites (37 milliards) dans le logement social, plut&#244;t que sur les march&#233;s financiers. Pour le compl&#233;ment, les banques et soci&#233;t&#233;s d'assurances peuvent &#234;tre contraintes de r&#233;investir dans l'immobilier locatif.&lt;br /&gt;B&#233;n&#233;fice double avec la cr&#233;ation de 300 000 emplois en trois ans et une baisse des loyers permettant un gain de pouvoir d'achat de 280 &#8364; par mois et par famille, comme en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; 5. Un imp&#244;t minimal sur les profits : 5 milliards &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;En 2010, le rapporteur g&#233;n&#233;ral du Budget,avait cr&#233;&#233; la surprise : &lt;br /&gt;Les soci&#233;t&#233;s du CAC 40, hors celles dont l'Etat est actionnaire, payaient moins de 8 % d'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices, voire pas du tout dans le cas de Total ( Evasion fiscale) alors que le taux nominal est de 33 %. CF Rapport Gilles Carrez (UMP).&lt;br /&gt;&#034;En attendant une uniformisation europ&#233;enne hypoth&#233;tique, l'instauration d'un imp&#244;t minimum effectif de 15 % des b&#233;n&#233;fices (le niveau officiel de l'Irlande) pour les grands groupes ferait rentrer 5 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat. &#034;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; 6. Taxe carbone pour changer le pays : 26 milliards&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;C'est, avec le volet logement, le dispositif le plus apte &#224; ramener la France dans la voie de la croissance. En 2009, le rapport Rocard avait &#233;tabli qu'une taxe carbone sur la consommation de toutes les &#233;nergies fossiles, dite &#171; taxe &#233;nergie-climat &#187; (TEC), fix&#233;e &#224; un niveau bas (34 &#8364; la tonne de CO2) produirait 7 &#224; 9 milliards d'euros d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e, ce qui permettrait de baisser les cotisations de tous les salari&#233;s ou la TVA. La TEC devrait ainsi tripler au bout de cinq ans, g&#233;n&#233;rant 26 milliards de recettes. L'effet d'entra&#238;nement sur la production d'&#233;nergie sans carbone et de mat&#233;riaux pour l'&#233;conomie d'&#233;nergie est estim&#233; &#224; 600 000 emplois, dont plus de 150 000 uniquement dans la fili&#232;re isolation du b&#226;timent thermique. Pour les m&#233;nages, les effets positifs d'un plan g&#233;n&#233;ral d'isolation sont estim&#233;s &#224; 1 000 &#8364; en moyenne par an.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>CRISE OU MUTATION DU CAPITALISME ?</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1246</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1246</guid>
		<dc:date>2014-01-01T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;HERV&#201; KEMPF : &#171; CE QUE NOUS VIVONS N'EST PAS LA CRISE, MAIS LA MUTATION DE SORTIE DU CAPITALISME. &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;HERV&#201; KEMPF : &#171; CE QUE NOUS VIVONS N'EST PAS LA CRISE, MAIS LA MUTATION DE SORTIE DU CAPITALISME. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/images/art11Kmpf.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;HERV&#201; KEMPF : &#171; CE QUE NOUS VIVONS N'EST PAS LA CRISE, MAIS LA MUTATION DE SORTIE DU CAPITALISME. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce sont deux livres en forme de constats sans appel, certitude que notre monde est mort et qu'il s'agit d'en construire un nouveau. Deux ouvrages analysant les contradictions sociales et &#233;cologiques d'un capitalisme qui, &#224; force d'invoquer la croissance et la consommation, sombre et dispara&#238;t. Avec &#171; Comment les riches d&#233;truisent la plan&#232;te &#187; et &#171; Pour sauver la plan&#232;te, sortez du capitalisme &#187;, Herv&#233; Kempf signe la plus belles des &#233;pitaphes &#224; un syst&#232;me moribond. Il en parle ici.&lt;br /&gt;Proph&#232;te des temps modernes, il &#233;crivait fin 2006 :&lt;br /&gt;&#034;R&#233;sumons. Nous sommes entr&#233;s dans un &#233;tat de crise &#233;cologique durable et plan&#233;taire. Elle devrait se traduire par un &#233;branlement prochain du syst&#232;me &#233;conomique mondial. Les amorces possibles pourraient s'allumer dans l'&#233;conomie arrivant &#224; saturation et se heurtant aux limites de la biosph&#232;re : &lt;br /&gt;&#8232; &#215; Un arr&#234;t de la croissance de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, min&#233;e par ses trois d&#233;ficits g&#233;ants - de la balance commerciale, du budget, de l'endettement interne. Comme un toxicomane qui ne tient debout qu'&#224; doses r&#233;p&#233;t&#233;es, les Etats-Unis, drogu&#233;s de surconsommation, titubent avant l'affaissement .&lt;br /&gt;&#8232; &#215; Un fort freinage de la croissance chinoise - sachant qu'il est impossible qu'elle tienne tr&#232;s durablement &#224; un rythme de croissance annuel tr&#232;s &#233;lev&#233;.&#034;&lt;br /&gt;Touch&#233;-coul&#233;. Mais si ce n'&#233;tait que cela, sentir venir le froid de la crise et savoir l'annoncer au d&#233;tour de quelques pages. Herv&#233; Kempf ne serait qu'un analyste de plus, heureusement tomb&#233; juste quand tous se plantaient. Int&#233;r&#234;t limit&#233;. &lt;br /&gt;&#8232;L'ambition de l'auteur est heureusement beaucoup plus large. En deux ouvrages incroyablement percutants, viatiques publi&#233;s &#224; deux ann&#233;es de diff&#233;rence, l'homme se paye le luxe d'&#233;tendre le capitalisme pour le compte, KO debout et laiss&#233; pour mort dans un coin du ring. Rien de moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'espoir ? Il s'affine dans Pour sauver la plan&#232;te, sortez du capitalisme, paru il y a quelques jours3). S'il revient sur le champ de ruine laiss&#233; par le capitalisme, monde sans valeurs - sinon celles d'un individu se croyant tellement roi qu'il ne voit plus combien il est seul et sa vie sans int&#233;r&#234;t - et sans avenir, s'il r&#233;duit &#224; n&#233;ant le mirage de la croissance verte - caut&#232;re sur une jambe de bois qui voudrait nous faire croire qu'on peut sauver le monde sans en bouleverser ses assises - , s'il affirme toujours combien l'urgence de la crise &#233;cologique ne nous laisse d'autre choix que de modifier profond&#233;ment notre rapport &#224; la consommation, Herv&#233; Kempf ne c&#232;de ni au catastrophisme ni au pessimisme. Au contraire : il donne &#224; voir combien les prochaines ann&#233;es, celles de la construction des alternatives, seront aussi exaltantes que dangereuses. Un immense enjeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Est-il possible d'aller vers la sobri&#233;t&#233; sans passer par des secousses violentes ? Pouvons-nous &#233;viter que les gouvernements capitalistes imposent une r&#233;ponse autoritaire en tentant une 'relance' aussi dommageable &#233;cologiquement qu'inutile ? Je ne sais pas. Face aux sombres perspectives, l'heure des hommes et des femmes de coeur, capables de faire luire les lumi&#232;res de l'avenir, a sonn&#233;. &#187;&lt;br /&gt;Ces deux livres, chacun devrait s'y plonger tant ils sont implacables, efficaces, aussi synth&#233;tiques que faciles d'acc&#232;s.&lt;br /&gt; Et puis aussi - tant qu'on y est - , lire cet entretien qu'Herv&#233; Kempf nous a accord&#233;, voici quelques semaines, dans un caf&#233; de Nation. Hop :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Comment les riches d&#233;truisent la plan&#232;te est sorti en janvier 2007. Avec clairvoyance, vous y annonciez en filigrane la crise &#224; venir. Les faits vous ont donn&#233; raison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre autres. Mais je voudrais d'abord revenir sur le mot crise. C'est un terme qui laisse &#224; penser que nous devons passer un mauvais moment avant de retrouver l'&#233;quilibre dans le syst&#232;me actuel. Ce n'est pas le cas et il faut essayer de ne pas utiliser ce mot : ce que nous vivons n'est pas qu'une crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. Ce n'est pas la crise financi&#232;re de 1929, ni celle de 1987 ou de 1998, ni la bulle sp&#233;culative de 2000. ces comparaisons laissent penser qu'aujourd'hui aussi, le syst&#232;me, apr&#232;s avoir tangu&#233;, se r&#233;tablira presqu'inchang&#233;. Mais il faut au contraire consid&#233;rer la situation que nous vivons comme la manifestation exacerb&#233;e des contradictions &#233;cologiques et sociales du syst&#232;me &#233;conomique actuel, soit le capitalisme &#224; sa phase d'apog&#233;e. C'est une phase de transformation : dans de grandes difficult&#233;s, nous nous dirigeons vers un autre syst&#232;me. L'id&#233;ologie dominante essaie de faire passer la soci&#233;t&#233;, l'&#233;conomie, pour des patients qui, apr&#232;s une crise d'allergie, devraient retrouver une vie normale. En fait, la soci&#233;t&#233;, l'&#233;conomie, n'ont pas &#224; gu&#233;rir, mais &#224; se m&#233;tamorphoser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- C'est donc une transformation, pas une disparition ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je m'inspire de Karl Polanyi et de son utilisation du concept de grande transformation4) : dans sa grande oeuvre publi&#233;e en 1944, il explique comment le capitalisme a &#233;t&#233; la grande mutation de l'&#233;conomie au sortir des temps modernes, et a cherch&#233; &#224; g&#233;n&#233;raliser l'&#233;conomie de march&#233; &#224; l'ensemble des activit&#233;s humaines. Cette d&#233;finition du capitalisme me para&#238;t la plus pertinente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous trouvons en une phase d'apog&#233;e - donc finale - du capitalisme : il a fini par transformer la psychologie collective au point o&#249; presque tous les individus sont convaincus qu'ils sont essentiellement motiv&#233;s par la recherche de leur int&#233;r&#234;t personnel, et par ailleurs que l'ensemble des activit&#233;s humaines -ansi que les biens communs -ont vocation &#224; devenir des activit&#233;s marchandes. Mais, arriv&#233; au sommet de sa progression, les d&#233;sordres que sa pleine expression g&#233;n&#232;re tant sur le plan social qu'&#233;cologique font qu'il ne peut plus se maintenir que dans un &#233;quilibre tr&#232;s instable, ou se d&#233;labrer totalement. Sur ses d&#233;combres, la soci&#233;t&#233; humaine devra reb&#226;tir une autre &#233;conomie, un autre jeu de relations sociales, un autre rapport &#224; la biosph&#232;re. Plut&#244;t qu'un malade &#224; gu&#233;rir, nous sommes un poussin qui sort de l'oeuf en cassant sa coquille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Vous aimez les images.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vois le c&#244;t&#233; positif des choses. Si on nous dit &#034;crise, crise, crise&#8221;, nous nous sentons oblig&#233; de r&#233;agir comme si nous &#233;tions malades. Mais nous ne sommes pas malades, au contraire de l'oligarchie et du syst&#232;me d'ali&#233;nation g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans lequel elle nous a entra&#238;n&#233;. Donc, gardons cette image de la grande transformation, m&#234;me s'il ne faut pas &#234;tre trop id&#233;aliste : il va y avoir de la bagarre, l'oligarchie va r&#233;sister aux changements indispensables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- En d&#233;finissant cette phase de transformation, vous avez &#233;voqu&#233; deux possibilit&#233;s. Quid de la deuxi&#232;me, celle qui verrait le syst&#232;me se maintenir dans un &#233;quilibre instable ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle n'adviendra pas. Ce qui me fait dire que le syst&#232;me ne peut pas se maintenir dans un &#233;tat durable d'&#233;quilibre et qu'il faut casser la coquille, c'est pr&#233;cis&#233;ment la crise &#233;cologique. Et l&#224;, par contre, j'emploie le terme de crise, parce que nous sommes r&#233;ellement dans un &#233;tat de maladie profonde. La crise &#233;cologique dans laquelle nous sommes engag&#233;s - et c'est un champ historique dont la profondeur est beaucoup plus importante celle du capitalisme -correspond au moment o&#249;, pour la premi&#232;re fois depuis que l'esp&#232;ce humaine existe -disons, depuis un &#224; deux millions d'ann&#233;es -, elle se heurte aux limites de la biosph&#232;re. Alors que nous nous sommes toujours d&#233;velopp&#233;s sans nous pr&#233;occuper de l'environnement, ou souvent contre lui, voici venu le moment o&#249; nous devons trouver un moyen de nous &#233;panouir, en tant que soci&#233;t&#233;, tout en restreignant nos pr&#233;l&#232;vements et notre impact sur la biosph&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ampleur de ce d&#233;fi, auquel le capitalisme est incapable de r&#233;pondre, explique pourquoi il atteint son terme historique : il n'est plus adapt&#233; aux besoins de notre &#233;poque et est devenu mortif&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- C'est ce qui est passionnant dans votre premier ouvrage, cette fa&#231;on de lier crise &#233;cologique et sociale. Pour moi, vous &#234;tes l'un des premiers &#224; le faire de fa&#231;on si pertinente. A tel point qu'on pourrait se demander si vous ne pr&#234;chez pas dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis pas tout &#224; fait d'accord. La gauche se rend compte maintenant qu'elle doit int&#233;grer la question &#233;cologique. Elle ne sait pas tellement comment faire, parce qu'elle a toujours ignor&#233; la culture de l'&#233;cologie, &#224; part quelques exceptions. Mais elle en a compris la n&#233;cessit&#233;. Par exemple, le Nouveau Parti Anticapitaliste et le nouveau Parti de gauche, semblent se fonder en int&#233;grant la question &#233;cologique. Et un peu plus que dans les paroles : nombre de leurs membres vont peser pour que ces enjeux vitaux soient pris en compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Surtout, l'opinion publique, le corps social dans sa grande majorit&#233;, a pris conscience de l'importance de la question environnementale. Et souvent mieux que l'oligarchie, qui persiste &#224; penser que c'est quelque chose de m&lt;br /&gt;arginal.&lt;br /&gt;La deuxi&#232;me chose, c'est que si la question de la crise &#233;cologique &#233;tait dans l'air depuis longtemps, &#231;a ne fait que depuis peu de temps que nous - je me range parmi ceux-l&#224; - avons pris la mesure de l'ampleur nouvelle des in&#233;galit&#233;s. Moi-m&#234;me, je ne me suis rendu compte de l'importance de ces in&#233;galit&#233;s qu'il y a trois &#224; quatre ans. Et lors de tous les d&#233;bats auxquels j'ai particip&#233; apr&#232;s la sortie de ce livre, je sentais bien que je n'ouvrais pas les yeux aux gens sur la question environnementale, mais qu'en revanche, quand je leur montrais les graphes et statistiques rendant compte de la progression des in&#233;galit&#233; ces trente derni&#232;res ann&#233;es, ils &#233;taient baba.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Il y a en ce moment une affirmation de la question sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, son retour au premier plan est tr&#232;s clair. La r&#233;alit&#233; parle toujours. Ce que nous disons avec nos mots, avec nos pens&#233;es, n'est jamais que le reflet plus ou moins pr&#233;cis de la r&#233;alit&#233;. La crise sociale se d&#233;veloppe, la crise &#233;cologique aussi, et nous comprenons sans cesse davantage &#224; quel point elles sont li&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le syst&#232;me va essayer de jouer de la sensibilit&#233; environnementale de l'opinion en pr&#244;nant la croissance verte, la relance verte, en tentant de coller des &#233;oliennes partout et en lan&#231;ant la voiture &#233;lectrique, mais sans rien changer aux structures sociales. Ce ne sont l&#224; que des pansements pour maintenir les rapports de pouvoir existants et &#233;vacuer la question sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Vous n'y croyez pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne sera &#233;videmment pas suffisant. Par exemple -c'est un exemple crucial, on pourrait dire strat&#233;gique -, tout le jeu du capitalisme par rapport au changement climatique est de pousser &#224; l'instauration d'un &#171; march&#233; du carbone &#187; cens&#233; r&#233;gler le probl&#232;me, mais sans dire nettement qu'il faut r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas aller vers une r&#233;duction de la consommation d'&#233;nergie sans poser la question de la justice sociale. Pr&#233;cis&#233;ment ce que l'oligarchie veut &#233;viter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie, l'afficher comme objectif et s'y tenir, c'est changer de soci&#233;t&#233;, bouleverser sa structuration, changer le jeu des pouvoirs, puisque le capitalisme est organis&#233; selon une logique de production, et non sur une logique de besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dire qu'on va r&#233;duire la consommation d'&#233;nergie, c'est affirmer qu'on va r&#233;duire la consommation. Voyez ces &#233;crans plats ou ces cadres photos num&#233;riques qui vont &#234;tre offert &#224; No&#235;l5) et qui consomment &#233;norm&#233;ment d'&#233;nergie pour un int&#233;r&#234;t limit&#233; : &#224; quel besoin r&#233;el correspondent-ils ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- D'un point de vue &#233;cologique, la situation &#233;conomique qui va en empirant pourrait donc &#234;tre une chance, une opportunit&#233; de r&#233;duire cette consommation ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, mais &#224; deux conditions. D'abord, cette baisse n&#233;cessaire de la consommation d'&#233;nergie doit &#234;tre assum&#233;e politiquement pour qu'elle se fasse dans la justice sociale. Ce n'est pas &#224; la m&#232;re c&#233;libataire qui gagne 800 &#8364; par mois comme caissi&#232;re, trois jours par semaine et avec des horaires impossibles, qu'il faut demander de r&#233;duire sa consommation d'&#233;nergie. On a l&#224; un enjeu de justice sociale. D'ailleurs, la consommation d'&#233;nergie et de mati&#232;re augmentent selon le gradient des revenus. R&#233;duire collectivement la consommation d'&#233;nergie, c'est r&#233;duire beaucoup plus fortement celle des plus riches. D'une part parce qu'il est logique de leur demander plus d'effort, puisque ce sont eux qui consomment le plus. Ensuite, cela permettra aux classes moyennes, qui devront porter le gros de la r&#233;duction de la consommation, de l'accepter plus facilement. Enfin, cela changera le mod&#232;le : pour l'instant, les super-riches d&#233;finissent pour la soci&#233;t&#233; un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de surconsommation ostentatoire ; ils sont les premiers acheteurs de tous ces objets superflus et tr&#232;s sophistiqu&#233;s que la classe moyenne tente ensuite d'acqu&#233;rir afin de les imiter. Si on change la fa&#231;on dont se comporte la couche sociale au sommet de la soci&#233;t&#233;, on change le mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de la consommation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une deuxi&#232;me chose, essentielle : on est dans une soci&#233;t&#233; qui a tr&#232;s largement substitu&#233; des consommations mat&#233;rielles &#224; du lien social. Prenons l'exemple de ce caf&#233; o&#249; nous nous trouvons et qui affiche fi&#232;rement des &#233;crans plats au mur. Il faut se demander pourquoi : si nous voyons de plus en plus d'&#233;crans plats dans les caf&#233;s, c'est aussi parce qu'ils sont beaucoup moins qu'auparavant un lieu de lien social. Vous avez beaucoup de gens maintenant qui viennent dans les caf&#233;s pour boire un coup tout seul. Et comme ils s'ennuient et que ce n'est pas forc&#233;ment facile de parler &#224; son voisin, ils regardent la t&#233;l&#233;. C'est un exemple qui illustre l'ali&#233;nation culturelle dans laquelle nous sommes plong&#233;s : un monde o&#249; r&#232;gne l'individualisme, o&#249; nous consommons pour compenser notre manque d'&#233;change, notre frustration affective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dernier point : dans un syst&#232;me qui ne cesse de r&#233;duire les services collectifs -la politique de Sarkozy est en la mati&#232;re caricaturale - , la crise -ou la grande transformation -est l'occasion de changer notre &#233;talonnage de valeurs. Et de souligner qu'il faut mieux avoir un bon syst&#232;me &#233;ducatif qu'un &#233;cran plat, un syst&#232;me de transports en commun performant qu'une deuxi&#232;me voiture, un acc&#232;s gratuit au mus&#233;e ou au th&#233;&#226;tre plut&#244;t qu'une t&#233;l&#233; inond&#233;e de pubs. Cette substitution de besoins devient peu &#224; peu claire dans la t&#234;te des gens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#231;a mis ensemble. Il faut le vivre de mani&#232;re positive. Ce n'est pas &#171; la crise est l'occasion de. &#187;, puisque elle s'impose aux gens. Mais : ce que nous vivons est une grande transformation que nous pouvons collectivement nous approprier, que nous pouvons prendre en main pour changer la soci&#233;t&#233; et nous-m&#234;mes, en allant vers davantage d'&#233;cologie et de justice sociale. Cette grande transformation implique un changement politique. Mais nous avons &#224; trouver la strat&#233;gie politique qui permettra de chambouler l'oligarchie, de changer le rapport de forces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous croyez &#224; une prise de conscience collective ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, mais je suis peut-&#234;tre optimiste. En mati&#232;re &#233;cologique, cette prise de conscience est d&#233;j&#224; l&#224; en bonne partie. Le reste devrait suivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- M&#234;me dans une soci&#233;t&#233; plong&#233;e en pleine r&#233;gression d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est vrai que les citoyens n'ont pas encore pris conscience de la menace qui p&#232;se sur les libert&#233;s publiques avec ce r&#233;gime &#224; tendance autoritaire. Vrai que nous sommes en pleine r&#233;gression d&#233;mocratique. Et que les m&#233;dias jouent mal leur r&#244;le essentiel de veilleurs des libert&#233;s. Combien d'entre eux peuvent encore se targuer de leur ind&#233;pendance &#233;conomique ? Le Canard Encha&#238;n&#233;, Le Monde, Marianne, quelques autres. C'est peu. La d&#233;mocratie m&#233;diatique est malade et la libre expression des id&#233;es est de plus en plus difficile. Les r&#233;gimes capitalistes deviennent de plus en plus autoritaires, avec un nombre croissant de policiers, de miliciens priv&#233;s, de gardes de s&#233;curit&#233;, de prisons, avec des lois antiterroristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'un des grands enjeux que nous avons &#224; relever : faire comprendre aux gens que la d&#233;mocratie est en danger, que l'expansion de l'appareil policier et carc&#233;ral, la biom&#233;trie et la croissance des fichiers nous menacent et menacent notre libert&#233;. La presse doit se r&#233;veiller, les journalistes doivent d&#233;fendre bec et ongle la libert&#233; d'expression. Je pense que de ce c&#244;t&#233; aussi, les choses sont en train de changer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Dans une interview donn&#233;e au Monde, le sociologue am&#233;ricain Immanuel Wallerstein affirmait : &#171; Nous sommes dans une p&#233;riode, assez rare, o&#249; la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd'hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilit&#233; d'influencer l'avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de pr&#233;voir quel mod&#232;le s'imposera finalement. (.)Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un syst&#232;me d'exploitation h&#233;las encore plus violent que le capitalisme que de voir au contraire se mettre en place un mod&#232;le plus &#233;galitaire et redistributif. &#187; Vous croyez &#224; cette menace ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r ! Je le dis d'ailleurs dans Comment les riches d&#233;truisent la plan&#232;te, en &#233;voquant largement ce risque d'une d&#233;rive autoritaire. Et je r&#233;it&#232;re cet avertissement dans Pour sauver la plan&#232;te, sortez du capitalisme. Le risque est d'autant plus grand que l'oligarchie est devenue autoritaire, qu'elle m&#233;prise la d&#233;mocratie et qu'elle peut nous entra&#238;ner vers la guerre, vers la violence, vers la r&#233;gression sociale. Mais rien n'est jou&#233;, je ne crois pas du tout &#224; un quelconque d&#233;terminisme historique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai surtout retenu de cette interview d'Immanuel Wallerstein sa certitude que nous pouvons sortir du capitalisme -Andr&#233; Gorz ouvrait aussi cette porte. Et beaucoup de gens vont s'en rendre compte. &#199;a me fait penser au conte d'Andersen, &#171; Les habits neufs de l'empereur &#187;. On est dans cette situation o&#249; tout le monde peut s'apercevoir que le roi est nu. Et constater que le capitalisme, qui se voyait comme la fin de l'histoire, se pr&#233;tendait le syst&#232;me le plus efficace du monde, capable de r&#233;pondre &#224; tout et d'augmenter la prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale, est nu. Il est devenu inefficace, ainsi que le d&#233;montre la crise financi&#232;re, corrompu, dangereux, puisqu'il d&#233;truit l'environnement et menace ainsi la p&#233;rennit&#233; des soci&#233;t&#233;s humaines. Bref, nous devons passer &#224; autre chose. La seule vraie question est de savoir comment nous allons fabriquer un nouveau monde, maintenant que le mur de Berlin du capitalisme est en train de s'effondrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Vous avez des pistes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une formule guide : moins de biens, plus de liens. Et une id&#233;e primordiale : les solutions sont d&#233;j&#224; l&#224;. Partout se cr&#233;ent des scops, des coop&#233;ratives, des &#233;changes de temps, des nouvelles techniques &#233;cologiques, sociales, agricoles. Il faudrait plusieurs volumes pour raconter toutes les initiatives int&#233;ressantes d&#233;j&#224; &#224; l'oeuvre. Le temps manque ici pour d&#233;velopper ce point, mais la logique de l'&#233;conomie coop&#233;rative -donc de partage de la propri&#233;t&#233; des outils de production -est une cl&#233; de l'avenir. Nous connaissons ou esquissons les solutions, nous savons au fond de nous comment faire, il faut juste cr&#233;er une conscience commune &#224; tous ces exp&#233;rimentateurs, ces alternatifs et ces cr&#233;atifs. Nous devons profiter du confort que nous avons encore de pouvoir r&#233;fl&#233;chir, lire et discuter sans &#234;tre prisonnier de l'imp&#233;ratif dramatique et anxiog&#232;ne de la n&#233;cessit&#233;. Et il nous faut garder en t&#234;te qu'on agit avec plus de de force et d'efficacit&#233; quand on est mu par le d&#233;sir de r&#233;aliser quelque chose. A nous de savoir vers o&#249; on veut aller : le nouveau monde, ou l'asservissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 Photo piqu&#233;e sur le site Contre-Info. Que son auteur, &#224; qui je n'ai rien demand&#233;, en soit remerci&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Sauver L'Europe, Pas l'Euro</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1222</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1222</guid>
		<dc:date>2013-11-15T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Jacques G&#233;n&#233;reux : la priorit&#233;, c'est de sauver l'Europe, pas l'euro&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques G&#233;n&#233;reux : la priorit&#233;, c'est de sauver l'Europe, pas l'euro&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/local/cache-vignettes/L142xH59/logo89-8c750.jpg&#034; width='142' height='59' /&gt; &lt;a href=&#034;http://vertsregion.org/article.php?article_id=1223&#034;&gt; voir aussi l'article de Galbraith&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Jacques G&#233;n&#233;reux : la priorit&#233;, c'est de sauver l'Europe, pas l'euro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Rue89 : Certains parlent d'un &#171; suicide &#187; de la gauche europ&#233;enne qui aurait, en acceptant un &#171; carcan &#187; europ&#233;en, renonc&#233; &#224; politique de redistribution, de r&#233;gulation, de relance&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques G&#233;n&#233;reux :&lt;/strong&gt;Ce n'est pas l'Europe qui a tu&#233; la gauche, mais l'inverse : la gauche a tu&#233; l'Europe. Elle n'a pas &#171; accept&#233; un carcan &#187;, elle l'a mis en place. En 1997, lors de la discussion du trait&#233; d'Amsterdam, treize pays sur quinze sont gouvern&#233;s par des social-d&#233;mocrates ou des socialistes. Il existait alors un rapport de force politique qui aurait pu permettre de r&#233;orienter le projet europ&#233;en vers plus de coop&#233;ration, de solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La coop&#233;ration, la solidarit&#233;, c'&#233;tait justement l'argument principal des partisans de la monnaie unique en 1992 &#8211; dont j'&#233;tais. A l'&#233;poque, il s'agissait de mettre fin &#224; la sp&#233;culation sur les taux de change. Et on pensait que la monnaie unique forcerait les pays membres &#224; aller vers plus d'harmonisation fiscale et sociale et plus de solidarit&#233; budg&#233;taire. Le pari des progressistes &#233;tait que la gauche, lorsqu'elle disposerait d'un rapport de force favorable, pourrait engager l'Europe vers cette nouvelle &#233;tape.&lt;br /&gt;Mais la r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; diff&#233;rente. Parce que dans le m&#234;me temps, la nature de la gauche dans les grands partis socialistes et sociaux-d&#233;mocrates s'est radicalement transform&#233;e. Le Labour en Grande-Bretagne est devenu lib&#233;ral, le SPD [Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne, ndlr] aussi, le PS en France s'est mu&#233; en parti centriste.&lt;br /&gt;D&#232;s lors, quand la gauche se retrouve au pouvoir en 1997, il ne se passe rien : elle accepte la logique de la concurrence fiscale et sociale, la logique de la comp&#233;titivit&#233;, seule &#224; pouvoir, selon ces partis, cr&#233;er de la croissance et permettre de r&#233;sister &#224; la mondialisation.&lt;br /&gt;Ils valident la logique de Maastricht, le pacte de stabilit&#233; et le processus d'&#233;largissement sans approfondissement pr&#233;alable du fonctionnement europ&#233;en c'est-&#224;-dire la cr&#233;ation d'une grande zone de concurrence sauvage.&lt;br /&gt;En faisant entrer des pays avec des salaires trois ou quatre fois inf&#233;rieurs, on cr&#233;ait un espace de comp&#233;tition tr&#232;s dur. C'est la gauche qui a fait cela, au nom de ce qu'elle appelait &#171; l'imp&#233;ratif de comp&#233;titivit&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les difficult&#233;s &#233;conomiques et sociales actuelles sont-elles la r&#233;sultante directe de ce choix europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Oui, mais c'est un choix assum&#233; par ce gouvernement. Quel est le grand sujet de r&#233;flexion qu'il a ouvert &#224; son arriv&#233;e ? Le renforcement des services publics ? La lutte contre les in&#233;galit&#233;s ? Non, il a mis en place une grande commission sur la comp&#233;titivit&#233; des entreprises ! Tout est dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a l&#224; un gouvernement qui consid&#232;re que dans le contexte difficile o&#249; on est, la seule marge de manoeuvre fondamentale est la restauration des marges de comp&#233;titivit&#233;. C'est une approche d'une stupidit&#233; crasse : si tout le monde est comp&#233;titif, on est bien avanc&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas une strat&#233;gie coop&#233;rative, mais elle peut fonctionner si votre pays est l'un des seuls &#224; la suivre...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il faut aussi &#234;tre convaincu que vous allez prendre de vitesse les Br&#233;siliens, les Indiens et les Chinois, ce qui n'est gu&#232;re r&#233;aliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela a r&#233;ussi &#224; l'Allemagne...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Oui, mais comment a-t-elle fait ? La France ne peut pas sous-traiter une partie de sa production en Europe centrale... L'Allemagne profite &#224; la fois de sa technologie et de leurs bas co&#251;ts de production.&lt;br /&gt;Croire qu'avec cette politique de comp&#233;titivit&#233; l'on va, en quelques mois, regagner des parts de march&#233;s et que cela va permettre de cr&#233;er des emplois est une illusion. Et si vous pensez que cela va mettre plus de temps, que faites-vous pendant ce temps-l&#224; ? Laissez-vous les bo&#238;tes fermer et les gens devenir ch&#244;meurs ? Vous enfoncez-vous dans la d&#233;pression ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre choix du gouvernement, c'est le &#171; s&#233;rieux budg&#233;taire &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La politique de Fran&#231;ois Hollande est conforme &#224; ses choix europ&#233;ens : il &#233;tait en 2005 favorable au trait&#233; constitutionnel europ&#233;en et farouchement oppos&#233; &#224; ceux qui pensaient alors qu'il &#233;tait temps de r&#233;orienter l'Union europ&#233;enne. Il avait promis pendant sa campagne d'ajouter un volet croissance au Pacte budg&#233;taire europ&#233;en, cette couche suppl&#233;mentaire de discipline europ&#233;enne d&#233;cid&#233;e contre la souverainet&#233; nationale. On sait bien ce qu'il est advenu : on a ajout&#233; le mot &#171; croissance &#187;, valid&#233; quelques &#233;l&#233;ments de relance qui &#233;taient d&#233;j&#224; dans les tuyaux. Et on a ratifi&#233; un trait&#233; qui interdit de mener une politique de croissance de long terme.&lt;br /&gt;En effet, ce trait&#233;, en imposant l'&#233;quilibre structurel des finances publiques, interdit le recours &#224; la dette pour investir. C'est &#224; la fois une atteinte &#224; la d&#233;mocratie et une aberration &#233;conomique. Fran&#231;ois Hollande pouvait refuser ce trait&#233;, mais il l'a fait ratifier.&lt;br /&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/local/cache-vignettes/L221xH250/austerite_0-21892.jpg&#034; width='221' height='250' /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'aust&#233;rit&#233; ne fonctionne pas&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;A partir du moment o&#249; on se place dans ce cadre-l&#224;, eh bien, c'est foutu. Fran&#231;ois Hollande ne peut pas recourir au d&#233;ficit budg&#233;taire &#224; court terme, comme l'ont fait les Chinois, les Am&#233;ricains et bien d'autres, pour soutenir l'activit&#233; dans un premier temps, en attendant de faire des r&#233;formes structurelles &#224; plus long terme. Pas question pour lui non plus de d&#233;sob&#233;ir aux r&#232;gles &#233;conomiques en faisant financer la dette publique par des banques publiques. Il ne peut ni r&#233;gler le probl&#232;me de la croissance et de l'emploi, ni r&#233;gler le probl&#232;me des finances publiques [voir sch&#233;ma, ndlr] : il va &#224; la catastrophe.&lt;br /&gt;Economistes, FMI, OCDE, tout le monde le dit : si des pays formant un ensemble sont plong&#233;s dans un ralentissement &#233;conomique et sont victimes d'un exc&#232;s de dette publique, ils n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; utiliser tous l'assomoir de l'aust&#233;rit&#233;, sauf &#224; prendre le risque d'entrer dans un processus de d&#233;pression.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Il faut changer les trait&#233;s europ&#233;ens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment proposez-vous de changer la donne ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On ne peut pas changer la donne sans changer les trait&#233;s europ&#233;ens. Le seul moyen de sortir de cette situation est de se d&#233;barrasser du fardeau de la dette excessive, mais sans sacrifier les d&#233;penses publiques (car il faut aussi soutenir l'activit&#233; et l'emploi). L'&#233;quation a l'air compliqu&#233;e, elle ne l'est pas.&lt;br /&gt;D'abord, il faut d&#233;penser plus, mais sans aggraver les d&#233;ficits. Comment ? En trouvant des ressources inutilis&#233;es. Il en existe : on peut ainsi r&#233;cup&#233;rer l'argent oisif accumul&#233; dans des patrimoines et autres biens de luxe, qui sont aliment&#233;s par les niches fiscales. Selon l'Inspection g&#233;n&#233;rale des finances, sur les 150 milliards d'euros de niches fiscales, 70 milliards n'ont pas d'effet r&#233;el positif sur l'&#233;conomie.&lt;br /&gt;Pour les r&#233;cup&#233;rer, il suffit de restaurer la norme fiscale. Plus globalement, au lieu de cr&#233;er des imp&#244;ts ici et l&#224;, d'une semaine &#224; l'autre, il aurait fallu faire une grande r&#233;forme fiscale, claire, d&#233;battue. Si l'on appliquait d&#233;j&#224; simplement le bar&#234;me de l'imp&#244;t sur les revenus du d&#233;but des ann&#233;es 90, cela rapporterait 17 milliards d'euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte contre la fraude fiscale est &#233;galement un gisement possible. Il suffit de s'en donner les moyens : les Italiens ont r&#233;cup&#233;r&#233; 10 milliards en traquant les fraudeurs. En France, l'exploitation d'une seule liste, celle des clients de HSBC, a permis de r&#233;cup&#233;rer 1,5 milliard. Des dizaines de milliards d'euros peuvent &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s en cr&#233;ant un service fiscal s&#233;rieux.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Il est tr&#232;s possible de faire tout cela dans le cadre de la zone euro.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ce cadre rend impossible une politique de relance, qui commence toujours par grever les d&#233;ficits publics. Les Am&#233;ricains nous en donnent l'exemple r&#233;guli&#232;rement. On se fiche, quand il s'agit de sortir un pays de l'orni&#232;re, que le d&#233;ficit monte &#224; 6 ou &#224; 7% du PIB. La seule question valable est de savoir de quel d&#233;ficit il s'agit : si c'est un d&#233;ficit qui est l&#224; parce qu'on se porte mal depuis des ann&#233;es, qu'on fait trop de cadeaux fiscaux aux plus hauts revenus, qu'on m&#232;ne une politique d'aust&#233;rit&#233; contreproductive, il n'est pas souhaitable.&lt;br /&gt;Mais un d&#233;ficit que vous cr&#233;ez pour investir et g&#233;n&#233;rer de la croissance future, n'est pas un mauvais d&#233;ficit. Croyez-vous que la g&#233;n&#233;ration suivante vous reprochera de vous &#234;tre endett&#233; &#224; court terme pour rendre l'habitat &#233;cologique, doter le pays d'&#233;nergies renouvelables ? Elle trouvera qu'on a &#233;t&#233; intelligent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me, c'est que la classe politique ne croit plus au raisonnement keyn&#233;sien selon lequel une relance budg&#233;taire cr&#233;e les conditions de son propre financement... Cela fait vingt ans qu'on creuse des d&#233;ficits sans r&#233;sultat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/lvertueux.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt; &lt;br /&gt;Relance keyn&#233;sienne (Rue89)&lt;br /&gt;Non, cela fait vingt ans qu'on a abandonn&#233; ! On baisse les imp&#244;ts pour ceux qui sont cens&#233;s cr&#233;er les richesses, au nom d'une politique de l'offre : les soi-disant investisseurs. Le r&#233;sultat, c'est que la part des dividendes augmente, mais l'investissement productif lui, stagne.&lt;br /&gt;La classe poliique n'y &#171; croit &#187; plus, dites-vous, et c'est vrai : elle est dans le registre de la &#171; croyance &#187;, pas de l'analyse. Ce sont des incomp&#233;tents, qui &#233;coutent l'air du temps, la doctrine dominante : le n&#233;olib&#233;ralisme, l'&#233;conomie de l'offre, etc.&lt;br /&gt;Les Am&#233;ricains sont de vrais lib&#233;raux, mais lorsque l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la nation est en jeu, ils n'h&#233;sitent pas &#224; mobiliser la puissance de l'Etat pour d&#233;fendre l'&#233;conomie et soutenir l'emploi. Cela fait partie du contrat social de ce pays : les gens acceptent d'&#234;tre soumis &#224; la duret&#233; du march&#233; parce que l'Etat fait en sorte que l'&#233;conomie fonctionne. Quand elle ne marche pas, il intervient massivement pour qu'il y ait du boulot pour les Am&#233;ricains.&lt;br /&gt;En Europe, nos &#233;lites n'ont compris que la moiti&#233; de la formule : ils ont adopt&#233; la culture n&#233;olib&#233;rale anglosaxonne, mais ils ont oubli&#233; l'autre volet, la n&#233;cessit&#233; d'avoir un pays qui soutient ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diff&#233;rence, c'est que l'Union europ&#233;enne n'est pas un pays.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Eh bien voil&#224; ! En Europe, on a d&#233;truit les capacit&#233;s d'action des pays. Pour &#234;tre bien s&#251;rs que la loi du march&#233; fonctionne, et que les Etats n'aient plus les moyens de contrecarrer la logique de ce march&#233; ! Les vrais n&#233;olib&#233;raux ne sont pas am&#233;ricains, ils sont europ&#233;ens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La monnaie contre la dette&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'autre piste, totalement ferm&#233;e, c'est la piste mon&#233;taire. Les Am&#233;ricains l'ont utilis&#233;e en achetant imm&#233;diatement, en cr&#233;ant de la monnaie, de la dette publique. On a vu le temps qu'il a fallu pour qu'on bouge, en Europe, sur ce plan-l&#224;.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A la d&#233;charge de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), les Am&#233;ricains &#233;taient entr&#233;s en crise avant nous...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils &#233;taient en crise en 2008, nous en 2009. Mais on n'a pas utilis&#233; l'instrument mon&#233;taire, cela nous &#233;tait interdit. Qu'a-t-on fait ? Apr&#232;s des petits plans de relance, on est pass&#233;s &#224; la rigueur dans toute l'Europe en clamant tout d'un coup que le principal danger, c'&#233;tait la dette publique.&lt;br /&gt;On aurait pu acheter une partie de la dette grecque et des pays surendett&#233;s, qu'on aurait mise &#224; la poubelle. On en aurait annul&#233; une autre partie, et on jugulait ainsi imm&#233;diatement cette crise. On aurait alors &#233;t&#233; dans un cadre sain pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le niveau des dettes dans les pays du Sud ou en France est-il devenu incontr&#244;lable ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;En France, ce n'est pas le cas. Un grand psychodrame qui a &#233;t&#233; mont&#233; en sauce par le gouvernement pr&#233;c&#233;dent autour de la dette publique fran&#231;aise. Il s'agissait de mettre dans la t&#234;te des Fran&#231;ais qu'on vivait au-dessus de nos moyens et qu'il faudrait r&#233;duire les d&#233;penses publiques. On a instrumentalis&#233; la crise pour faire croire que la dette de l'Etat &#233;tait une catastrophe. Mais l'histoire nous apprend que, pour ce qui est des dettes publiques, ce n'est jamais une catastrophe pour une raison simple : quand on ne peut plus les payer, on ne les paye pas. On finit toujours par s'en sortir en arr&#234;tant d'en payer une partie et en en transformant une autre partie en monnaie-papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui cr&#233;e du m&#234;me coup de l'inflation...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On serait bien content qu'il y ait de l'inflation en Europe : m&#234;me la Banque centrale s'inqui&#232;te du fait qu'il n'y en ait plus. Elle craint plut&#244;t la d&#233;flation. Elle n'exclut pas d'avoir des taux d'int&#233;r&#234;ts n&#233;gatifs : elle donnerait alors de l'argent aux banques pour qu'elles empruntent aupr&#232;s d'elle ! C'est dire la trouille qui l'a prise face au processus de d&#233;pression potentielle. Un processus a &#233;t&#233; caus&#233; &#224; la fois par son refus initial de financer de la dette publique et par les politiques d'aust&#233;rit&#233; suivies par les pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les pays du Sud, comment r&#233;gler le probl&#232;me de la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des Etats comme la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Italie ne sont pas sortis d'affaire, l'aust&#233;rit&#233; les ayant maintenus dans le marasme &#233;conomique. Si on ne les autorise pas &#224; &#171; mon&#233;tiser &#187; leur dette [la financer par cr&#233;ation mon&#233;taire, ndlr], la seule issue qu'ils auront, lors de la prochaine vague de sp&#233;culation, ce sera de le faire de mani&#232;re unilat&#233;rale, ce qui, selon les trait&#233;s actuels, les obligeraient &#224; sortir du Syst&#232;me europ&#233;en de banques centrales. Le syst&#232;me &#233;claterait alors sous la pression.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne pas faire de l'euro un bouc &#233;missaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne faut-il pas, en France, remettre en cause ouvertement ce syst&#232;me de l'euro, que vous consid&#233;rez comme une source de blocage ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La crise actuelle ne vient pas de l'euro. Elle a deux d&#233;tonateurs :&lt;br /&gt; la d&#233;r&#232;glementation de la finance, qui a conduit &#224; une d&#233;bauche de sp&#233;culation et produits toxiques ;&lt;br /&gt; un mauvais partage des richesses depuis plus 30 ans : on n'a cess&#233; de comprimer la r&#233;mun&#233;ration du travail, au profit des hautes r&#233;mun&#233;rations et revenus financiers (qui nourrissent eux-m&#234;me la sp&#233;culation). Comme nos syst&#232;mes reposent sur la consommation de masse, on s'en est sortis par l'endettement : surendettement des m&#233;nages aux Etats-Unis, tr&#232;s fort endettement public dans d'autres pays.&lt;br /&gt;Si vous ne remettez pas la finance au service de l'&#233;conomie r&#233;elle, si vous ne ramenez pas le taux de r&#233;mun&#233;ration du capital au strict n&#233;cessaire pour le fonctionnement des entreprises et que vous continuez d'accepter que les d&#233;tenteurs du capital pr&#233;l&#232;vent 12 &#224; 15% de la valeur cr&#233;&#233;e, vous n'avez rien r&#233;gl&#233;. Que vous ayiez comme monnaie l'euro, la livre sterling, ou des coquillages ph&#233;niciens ne change rien &#224; l'affaire : les Anglais, qui n'ont pas l'euro, ont &#233;t&#233; frapp&#233;s par la m&#234;me crise que nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me, les politiques d'aust&#233;rit&#233; ne sont pas impos&#233;es par l'euro. Si collectivement les gouvernements europ&#233;ens avaient d&#233;cid&#233;, au nom des circonstances exceptionnelles (et du bon sens &#233;conomique) de mettre entre parenth&#232;ses nos normes budg&#233;taires, on ne serait pas dans cette situation. Il ne faut pas faire de l'euro un bouc &#233;missaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Si tout le monde d&#233;value, le gain est o&#249; ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'euro, par d&#233;finition, prive les pays en difficult&#233; d'un outil, la d&#233;valuation...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Oui. Les pays en proie d'une crise de la dette s'en sont souvent tir&#233;s par la d&#233;valuation, qui permet de booster les &#233;conomies ouvertes aux &#233;changes. Si vous retournez aux monnaies nationales, vous retrouvez cette marge de maoeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sortie de l'euro et de ses r&#232;gles ne permettrait-elle pas &#224; un pays de retrouver aussi des marges de man&#339;uvre budg&#233;taires et de gestion de la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Pour un petit pays, qui n'a pas le poids politique et &#233;conomique de la France et qui est accul&#233; &#224; une situation de crise, la r&#233;ponse est probablement oui. Si on ne trouve pas de solution collective pour des pays comme la Gr&#232;ce, c'est ce qui va finir par arriver, sous la pression populaire. Cela n'est pas ma voie pr&#233;f&#233;r&#233;e, mais c'est celle vers laquelle on risque fort de s'engager.&lt;br /&gt;On risque alors d'assister &#224; des sorties en cascade : Gr&#232;ce, puis Portugal, Espagne, Italie, et m&#234;me France : celle-ci ne pourra pas faire face &#224; la fois &#224; la comp&#233;titivit&#233; allemande et &#224; la comp&#233;titivit&#233; retrouv&#233;e , par la d&#233;valuation , des pays du Sud. Ce serait alors l'&#233;clatement dans le d&#233;sordre de la zone euro. Et si tout le monde d&#233;value, le gain est o&#249; ? On entre alors dans une logique de guerre &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'il faut sauver l'euro ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;La question doit &#234;tre pos&#233;e sereinement. On peut se dire, apr&#232;s tout : pourquoi s'enquiquiner avec un truc qui fonctionne mal, qui cr&#233;e des contraintes ? Si sa suppression nous donne des marges de manoeuvre suppl&#233;mentaires, pourquoi s'en priver ?&lt;br /&gt;Je ne fais donc pas partie de ceux qui veulent absolument garder l'euro. Mais il faut bien &#233;valuer les avantages et les inconv&#233;nients d'un tel choix.&lt;br /&gt;L'euro a quelques avantages r&#233;siduels. Sur le long terme, l'euro est un facteur de rapprochement et d'unit&#233; politique qui certes est symbolique, mais les relations fondamentales entre les &#234;tres humains sont symboliques avant d'&#234;tre mat&#233;rielles. C'est un des &#233;l&#233;ments, parmi d'autres, qui font qu'il ne peut plus y avoir de guerre en Europe.&lt;br /&gt;Par ailleurs, si on &#233;vite par la r&#232;glementation les d&#233;bordements financiers dont nous avons parl&#233;, l'euro peut &#234;tre un des &#233;l&#233;ments de ma&#238;trise du march&#233;. Multiplier les taux de change, c'est multiplier les occasions de sp&#233;culation.&lt;br /&gt;Ce qui faudrait donc, id&#233;alement, c'est compl&#233;ter l'euro, en apportant &#224; cette zone mon&#233;taire ce qui lui manque pour devenir une zone de progr&#232;s. Nous avons besoin d'une vraie n&#233;gociation sur l'arr&#234;t de la comp&#233;tition sociale et fiscale dans cette zone. La monnaie unique ne doit servir &#224; mener, comme l'a fait l'Allemagne, des politiques commerciales agressives tout en &#233;tant prot&#233;g&#233; par l'absence de possibilit&#233; de d&#233;valuation de ses voisins. Face &#224; de telles politique aggressives, le seul moyen de r&#233;sister est de faire baisser les salaires, de renoncer &#224; respecter de normes &#233;cologiques, etc.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir de la crise, mode d'emploi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le contexte europ&#233;en actuel, comment esp&#233;rez-vous pouvoir compl&#233;ter l'euro par des normes fiscales, sociales et &#233;cologiques ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Un pays comme la France peut y contribuer. Parce qu'elle est un des pays fondateur de l'Union europ&#233;enne et parce qu'elle est la deuxi&#232;me puissance &#233;conomique d'Europe, elle peut tenter un coup de force. Un nouveau gouvernement &#8211; dirig&#233; par exemple par Jean-Luc M&#233;lenchon &#8211; proposerait un deal &#224; ses partenaires europ&#233;ens : nous ne pouvons plus mener en Europe ces politiques qui m&#232;nent &#224; la catastrophe sociale et financi&#232;re ; nous ne pouvons pas agir parce que des trait&#233;s nous emp&#234;chent toute atteinte &#224; la libert&#233; de mouvements de capitaux ; nous ne pouvons pas sortir de la crise sans changer le statut de la Banque centrale europ&#233;enne et sans pouvoir utiliser la cr&#233;ation mon&#233;taire dans des r&#232;gles &#224; d&#233;finir ensemble ; la zone euro ne sera durable que si l'on s'entend sur des r&#232;gles emp&#234;chant le dumping social et fiscal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ou bien vous acceptez imm&#233;diatement d'ouvrir ce chantier, ou bien nous prendrons, en d&#233;sob&#233;issance aux trait&#233;s, des mesures unilat&#233;rales de contr&#244;le des mouvements de capitaux et d'intervention mon&#233;taire. Nous r&#233;quisitionnons la Banque de France et nous lui donnons, moyennant changement de la Constitution et de la loi fran&#231;aise, la possibilit&#233; de cr&#233;er des euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une fa&#231;on de sortir de l'euro...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Non, justement : nous affirmons que nous restons dans l'euro. Notre message n'est pas de faire voler l'euro en &#233;clat. Nous pouvons &#234;tre &#233;ject&#233;s, bien s&#251;r, mais ce n'est pas nous qui prenons l'initiative d'un d&#233;part. Ce qu'on revendique, c'est une exception permettant &#224; la Banque de France de participer au financement des d&#233;ficits publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;ous savez que cela d&#233;clencherait une crise majeure, ce qui revient au m&#234;me que de claquer la porte.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le but est bien de cr&#233;er un choc majeur. Il peut conduire &#224; une crise si en face, vous rencontrez un blocage. Mais qu'est-ce qui se passe, dans ce cas de figure ?&lt;br /&gt;Techniquement, ce sont les banques centrales nationales qui font fonctionner le syst&#232;me mon&#233;taire : ce n'est pas la Banque &#224; Francfort qui d&#233;finit la politique et contr&#244;le. La Banque de France peut donc cr&#233;er des euros.&lt;br /&gt;Si, sur ordre du l&#233;gislateur national, elle sort du cadre des directives fix&#233;es par la BCE, cette derni&#232;re peut l'exclure du syst&#232;me d'&#233;change entre banques centrales. La Banque de France ne pouvant plus &#233;changer de liquidit&#233;s avec les autres banques centrales europ&#233;ennes, la France serait alors exclue, de fait, de l'euro. Et si la France continue &#224; cr&#233;er des euros, ils deviennent des &#171; eurofrancs &#187; distincts de l'euro. Un march&#233; euro-eurofrancs serait cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On imagine mal la BCE prendre seule la d&#233;cision d'exclure la France...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, on voit mal Mario Draghi [pr&#233;sident de la BCE, ndlr] prendre seul la d&#233;cision de foutre en l'air l'union mon&#233;taire. Car si la France est pouss&#233;e dehors et s'affranchit des contraintes, les autres pays, Italie, Espagne, Portugal ne resteraient pas une seconde dans une zone o&#249; ils sont d&#233;j&#224; contraints de partout.&lt;br /&gt;Mais cette approche du coup de force pr&#233;serve le message pro-europ&#233;en : l'id&#233;e n'est pas de d&#233;truire l'Europe ou de pr&#244;ner un repli national &#8211; &#231;a c'est l'approche nationaliste du FN. On reconna&#238;trait les acquis de la construction europ&#233;enne, on en d&#233;plorerait les travers accumul&#233;s depuis vingt ans. Mais on proposerait de sauver ce projet europ&#233;en et de le r&#233;orienter &#224; l'occasion de ce moment de crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela ne revient-il pas au m&#234;me ? Je d&#233;sob&#233;is aux r&#232;gles, en sachant que cela fera tout exploser...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Non, le but c'est de rester dans l'euro et de n&#233;gocier. Et si cela finit par &#233;clater quand m&#234;me, la France, en gardant un discours pro-europ&#233;en, reste un pilier de reconstruction d'autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autre chose ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, un syst&#232;me de coop&#233;ration mon&#233;taire entre les pays qui le veulent, avec des monnaies nationales et, pour les &#233;changes avec les pays hors de cette zone, une monnaie commune... Elle pourrait s'appeler la zone &#171; eurosol &#187;, comme &#171; euro solidaire &#187;, pour marquer la volont&#233; de donner la priorit&#233; non pas &#224; la comp&#233;tition, mais &#224; la coop&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans l'Allemagne ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On peut imaginer que dans, un premier temps, le reste de l'ancienne zone euro continue &#224; exister.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un euro entre l'Allemagne et les Pays-Bas, cela n'a pas grand sens...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Je ne vois pas trop quel serait l'int&#233;r&#234;t de l'Allemagne, en effet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est de la politique fiction.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si c'&#233;tait Jean-Luc M&#233;lenchon le pr&#233;sident de la R&#233;publique et Jacques G&#233;n&#233;reux le Premier ministre, cela n'en serait pas : c'est ce qui se passerait.&lt;br /&gt;Dans le pire des cas, la France serait exclue par les autres : o&#249; est le drame ? Tant pis pour l'Allemagne. Notre eurofranc est d&#233;valu&#233;, les entreprises fran&#231;aises exportatrices se frottent les mains et on reconstruit quelque chose avec d'autres pays. Dans le meilleur des cas, l'Allemagne et les autres pays n'oseraient pas exclure la France et, craignant la contagion, ouvriraient le chantier de la refondation du projet europ&#233;en sur de nouvelles bases.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre politique au risque de sortir de &lt;br /&gt;l'euro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un petit c&#244;t&#233; &#171; saut sans parachute &#187; dans votre sc&#233;nario. Le risque &#233;tant une crise majeure qui enfonce encore plus l'ensemble des &#233;conomies dans la d&#233;pression... Si les march&#233;s anticipaient un retour de l'inflation, les taux d'int&#233;r&#234;ts s'envoleraient.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;On verra bien : ma conviction, c'est qu'il n'y aura pas d'inflation car on est plut&#244;t en situation de d&#233;flation. Je pense que la r&#233;action des march&#233;s sera plut&#244;t positive. Voir des pays se d&#233;barrasser &#224; la fois de leur crise d'endettement et de l'aust&#233;rit&#233; sera une excellente nouvelle. Les march&#233;s sauront que la France n'aura plus aucun probl&#232;me pour financer ses biens publics et pour rembourser ses cr&#233;anciers en monnaie sonnante et tr&#233;buchante, puisque la banque centrale aura le pouvoir de financer ces remboursements en dernier ressort.&lt;br /&gt;Le probl&#232;me, c'est que ce sc&#233;nario ne va pas arriver.&lt;br /&gt;Il est s&#233;rieux et cr&#233;dible, mais il n'y a pas de majorit&#233; pour le porter. Pendant que cela ne se produit pas, ce sont les mouvements n&#233;oconservateurs, nationalistes (comme le FN en France) voire n&#233;onazis (comme Aube dor&#233;e en Gr&#232;ce), qui r&#233;cup&#232;rent le m&#233;contentement en Europe et pr&#244;nent le repli.&lt;br /&gt;L'autre gauche existe en Europe &#8211; Syriza en Gr&#232;ce, Die Linke en Allemagne, le Front de Gauche en France, etc. &#8211; mais elle ne progresse pas. Cette gauche progressiste n'a pas &#233;t&#233; en mesure d'assumer pleinement une position suffisamment claire par rapport &#224; l'euro.&lt;br /&gt;Avant la crise, on pouvait dire aux &#233;lecteurs : &#171; Nous sommes des proeurop&#233;ens, nous voulons refonder l'Europe, cr&#233;er un rapport de force &#187;... C'&#233;tait audible. Mais plus maintenant. Pendant quatre ann&#233;es, les Europ&#233;ens ont eu le spectacle d'une Europe du chacun pour soi, une Europe qui a attendu trois ans avant d'admettre qu'il fallait annuler une partie de la dette grecque, avec une Allemagne &#233;go&#239;ste, qui fait du dumping social et fiscal et freine des quatre fers d&#232;s qu'il s'agit de solidarit&#233; avec les pays qui ont &#171; faut&#233; &#187;.&lt;br /&gt;Les Europ&#233;ens ont subi directement, pour certains d'entre eux, des politiques d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es. Cette violence est directement imput&#233;e &#224; l'Europe et dans le m&#234;me temps, rien n'a &#233;t&#233; fait contre la sp&#233;culation financi&#232;re, sinon des colloques. La plupart des produits toxiques qui ont servi &#224; la sp&#233;culation lors de la crise grecque sont toujours en service. L'UE n'a engag&#233; aucune action contre les principaux fauteurs de la crise : son urgence a &#233;t&#233; de baisser les salaires et les pensions.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, il est donc compliqu&#233; de se pr&#233;senter comme proeurop&#233;en : les gens vous rigolent au nez et vous disent : &#171; Soit vous voulez sortir de ce truc, ce syst&#232;me &#233;pouvantable, et on vous &#233;coute, y compris vos id&#233;es de refondation ; sinon, on ne vous &#233;coute pas : le violon de l'Europe, on le conna&#238;t, on l'a entendu depuis vingt ans. &#187;&lt;br /&gt;Les nationalistes, comme le FN en France, ont un discours beaucoup plus simple et compr&#233;hensible : &#171; Cette Europe est inutile et vous fait souffrir, retrouvons notre souverainet&#233; nationale. Il y a un probl&#232;me, supprimons-le. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'est-il pas possible &#224; cette gauche de retrouver un discours simple ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;C'est la difficult&#233;. Il faut assumer clairement le fait qu'au bout de notre sc&#233;nario du coup de force politique, si les autres pays le refusent, il y aura une sortie de l'euro. On sera dehors. Ce n'est pas jusque-l&#224; le programme du Front de Gauche, car le Parti communiste n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; aller jusque-l&#224; dans la d&#233;sob&#233;issance aux r&#232;gles europ&#233;ennes.&lt;br /&gt;C'est pourtant la condition de la cr&#233;dibilit&#233; de ce propos. Il faut sortir de l'ambigu&#239;t&#233; : la priorit&#233;, ce doit &#234;tre la mise en place d'une autre politique. Il vaut mieux sortir de l'euro pour mener une autre politique que renoncer &#224; une autre politique pour sauver l'euro. Car au final, nous ne voulons pas sauver l'euro, mais l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Un grand Plan d'assurances sociales</title>
		<link>http://www.vertsregion.org/spip.php?article1223</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vertsregion.org/spip.php?article1223</guid>
		<dc:date>2013-11-15T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Odile NOVELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt; Vous avez besoin d'un grand plan collectif d'assurance sociale &lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.vertsregion.org/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Crise : Reflexions &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt; Vous avez besoin d'un grand plan collectif d'assurance sociale &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.vertsregion.org/local/cache-vignettes/L142xH59/logo89-8c750.jpg&#034; width='142' height='59' /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16/05/2013 &#224; 18h37&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Galbraith : &#171; Vous avez besoin d'un grand plan collectif d'assurance sociale &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rue 89 &lt;strong&gt;James Galbraith est un &#233;conomiste am&#233;ricain, situ&#233; &#224; gauche du parti d&#233;mocrate. &lt;/strong&gt;Il est professeur &#224; l'universit&#233; d'Austin, au Texas, sp&#233;cialiste des questions d'in&#233;galit&#233;s et proche de l'Institut Roosevelt, cofond&#233; par son p&#232;re, le c&#233;l&#232;bre &#233;conomiste John Kenneth Galbraith, dont il s'inscrit dans la lign&#233;e.&lt;br /&gt;Selon lui, l'Union europ&#233;enne ne pourra s'en sortir qu'en adoptant un vaste filet social financ&#233; par le budget europ&#233;en, comme l'avait fait Roosevelt en 1933. Entretien d&#233;coiffant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rue89. L'&#233;conomie am&#233;ricaine a red&#233;marr&#233;, l'&#233;conomie de la zone euro reste embourb&#233;e. Qu'ont fait les Etats-Unis que l'Europe aurait d&#251; faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;James Galbraith. &lt;/strong&gt;La r&#233;ponse n'est pas compliqu&#233;e : nous disposons d'un gros gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; l'&#233;chelle du continent, ce qui n'existe pas en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste aux Etats-Unis des probl&#232;mes sociaux, li&#233;s aux mesures d'aust&#233;rit&#233; que nous appelons &#171; s&#233;questration &#187; et de nombreuses personnes ont perdu leur emploi ces derni&#232;res ann&#233;es. Mais le syst&#232;me n'est pas en chute libre : il n'est pas dans un Etat de d&#233;clin non contr&#244;l&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons profit&#233; de l'effet stabilisateur d'importants d&#233;ficits budg&#233;taires au niveau f&#233;d&#233;ral. Nous n'avons pas cherch&#233;, &#224; la diff&#233;rence de ce qui s'est pass&#233; en Europe, &#224; les r&#233;duire de fa&#231;on brutale. Ce n'est de toute fa&#231;on pas possible en p&#233;riode de stagnation, car si vous coupez les d&#233;penses publiques, la croissance est affect&#233;e et les recettes fiscales baissent... avec pour cons&#233;quence que le d&#233;ficit reste le m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est assez impressionnant de constater, quand vous vous replongez dans les chiffres de 2009, comment le recul de la demande priv&#233;e a &#233;t&#233; compens&#233; automatiquement par l'augmentation des d&#233;boursements pour financer les pensions de retraite, pensions d'invalidit&#233;, allocations ch&#244;mage ou par les r&#233;ductions d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me &#233;conomique am&#233;ricain serait donc, selon vous, plus keyn&#233;sien que le syst&#232;me europ&#233;en dans lequel il existe pourtant de larges filets sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le plan institutionnel, oui, je le pense. Et particuli&#232;rement si vous observez les pays p&#233;riph&#233;riques de l'Europe, dans lesquels ces filets sont faibles. Le probl&#232;me en Europe, c'est que vous disposez de tels m&#233;canismes stabilisateurs en Allemagne, en France, mais pas en Gr&#232;ce, en Espagne, au Portugal ou en Irlande. Et c&lt;br /&gt;es pays ont donc connu ces effondrements.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Qu'aurait-il fallu faire ? Un plan de relance &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'aime pas le concept de &#171; plan de relance &#187;, qui n'est &#224; mon avis pas adapt&#233; &#224; la situation. Ce dont vous avez besoin, c'est d'un plan de stabilisation. Un grand plan collectif d'assurance sociale. La premi&#232;re chose que je ferais, c'est de fournir des allocations ch&#244;mage, financ&#233;es par un budget europ&#233;en commun. Puis, je procurerais des suppl&#233;ments-retraite, financ&#233;s eux aussi par le budget europ&#233;en, destin&#233;s &#224; ceux qui en ont besoin. Je distribuerais des bons alimentaires, par exemple dans les &#233;coles des pays qui n'ont pas de cantines, comme c'est le cas de la Gr&#232;ce. Des gens commencent &#224; avoir faim : vous devez vous occuper de ces situations. Cela aidera &#224; stabiliser la situation, &#224; la fois sur le plan &#233;conomique et politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e du simple &#171; plan de relance &#187;, selon laquelle il suffirait d'injecter de la monnaie pour revenir spontan&#233;ment &#224; la prosp&#233;rit&#233; du plein emploi est un leurre. Ce n'est pas ainsi que les &#233;conomistes keyn&#233;siens devraient raisonner et ce n'est pas ainsi que, dans nos &#233;conomies modernes, on pourra affronter efficacement ces situations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutefois, financer un vaste filet social est &#233;galement une sorte de plan de relance.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me de l'expression &#171; plan de relance &#187;, c'est qu'elle implique une initiative temporaire. On ne peut pas cr&#233;er une nouvelle situation par un simple &#171; stimulus &#187;. Ce dont on a besoin, c'est d'une organisation sociale permanente. A la limite, les allocations ch&#244;mage peuvent &#234;tre temporaires, si vous parvenez &#224; relancer l'emploi. Mais ce n'est pas le cas des retraites : vous devez vous pr&#233;parer &#224; distribuer des pensions pour une longue p&#233;riode... Toute l'id&#233;e du plan de stabilisation est de procurer &#224; des gens qui ont de faibles moyens &#233;conomiques la capacit&#233; de vivre d&#233;cemment, et pendant longtemps. Pas seulement pour quelques mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment financez-vous un tel plan de stabilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, en envoyant des ch&#232;ques.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Hum ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Vous avez une monnaie, l'euro, vous pouvez envoyer des ch&#232;ques en euros. C'est ce qu'on a fait ici : on a envoy&#233; des ch&#232;ques en dollars. L'administration sociale a envoy&#233; des ch&#232;ques du Tr&#233;sor public, les gens les ont encaiss&#233;s, il n'y a pas eu de probl&#232;me.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes en train de parler de cr&#233;ation mon&#233;taire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Ben oui. Est-ce pour vous une surprise que les gouvernements cr&#233;ent de la monnaie ? Ils ont fait cela depuis des milliers d'ann&#233;es. Les M&#233;sopotamiens ont invent&#233; cela ! Il est temps de le r&#233;apprendre.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vous savez tr&#232;s bien que les gouvernements, aujourd'hui, se m&#233;fient de la cr&#233;ation mon&#233;taire, qui comporte des risques inflationnistes. En tout cas, c'est la conviction des dirigeants europ&#233;ens, &#224; commencer par les dirigeants allemands qui d&#233;testent l'id&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'y peux rien s'ils la d&#233;testent. C'est comme s'ils d&#233;testaient l'id&#233;e que l'eau est faite d'hydrog&#232;ne et d'oxyg&#232;ne. S'ils n'admettent vraiment pas cette v&#233;rit&#233;, il faut accepter la proposition de Hans-Olaf Henkel [un &#233;conomiste allemand, ancien pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration de l'industrie, ndlr], qui sugg&#232;re une sortie de l'euro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les Allemands ne veulent pas participer &#224; une &#233;conomie europ&#233;enne qui fonctionne normalement, ils peuvent la quitter. Il faut bien prendre conscience que vous ne pouvez pas &#234;tre dirig&#233;s par des gens qui ont une vision compl&#232;tement irr&#233;aliste de la fa&#231;on dont fonctionnent les &#233;conomies modernes sans que cela ne conduise &#224; une catastrophe. C'est ce qui se passe en Europe actuellement. Je ne dis pas que nous n'avons pas, aux Etats-Unis, des gens qui raisonnent de la m&#234;me fa&#231;on, mais au moins, ils n'ont pas encore d&#233;truit nos institutions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreux &#233;conomistes, aux Etats-Unis comme en Europe, consid&#232;rent que la cr&#233;ation mon&#233;taire, si elle est trop importante, ne peut que conduire &#224; une inflation o&#249; &#224; des bulles sp&#233;culatives&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe effectivement un groupe de personnes convaincues que le principal danger actuel est de perdre le contr&#244;le de l'inflation. Mais parmi les gens qui sont en contact avec le monde r&#233;el, personne &#224; ma connaissance ne les prend au s&#233;rieux. Eux savent que le probl&#232;me, c'est le ch&#244;mage, l'effondrement social et politique en cours... Cela s'appelle la d&#233;flation, pas l'inflation ! C'est un peu comme si, au milieu d'un incendie, quelqu'un d&#233;barquait pour clamer que le principal probl&#232;me &#233;tait le risque de pluie. Ces personnes ont le droit de s'exprimer, bien s&#251;r, mais leur confier la conduite de la politique &#233;conomique n'est pas une bonne id&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, les m&#233;dias comparent la situation actuelle avec les ann&#233;es 30. Cette comparaison a-t-elle du sens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a des similarit&#233;s entre les deux p&#233;riodes, mais il faut garder en t&#234;te que nous sommes plus riches que dans les ann&#233;es 30, que nous disposons d'institutions qui prot&#232;gent les citoyens et que le risque d'une guerre europ&#233;enne n'est pas pr&#233;sent. Ce qui est comparable, c'est que les situations d&#233;sesp&#233;r&#233;es que l'on observe dans certains pays europ&#233;ens ont entra&#238;n&#233; des pressions s&#233;paratistes, des violences, de la x&#233;nophobie, des votes protestataires qui profitent &#224; l'extr&#234;me droite, etc. Si vous cherchez d'autres parall&#232;les historiques, on pourrait aussi se souvenir de ce qui s'est pass&#233; en Yougoslavie dans les ann&#233;es 90. La situation, dans certaines r&#233;gions d'Europe, peut d&#233;g&#233;n&#233;rer tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hum&#8230; la guerre en Yougoslavie s'inscrivait dans un contexte bien particulier. C'&#233;tait une situation de guerre&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, mais ce genre de guerre commence lorsqu'une violence est organis&#233;e et qu'elle est dirig&#233;e contre des communaut&#233;s particuli&#232;res. C'est ce qui s'&#233;tait pass&#233; en Bosnie, et c'est ce qui se passe aujourd'hui dans certains quartiers en Gr&#232;ce, o&#249; l'on assiste &#224; l'&#233;mergence d'un parti nazi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles le&#231;ons pouvons-nous tirer de la fa&#231;on dont la crise des ann&#233;es 30 a &#233;t&#233; surmont&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La le&#231;on, c'est qu'il faut combattre la crise par la solidarit&#233;, la d&#233;mocratie, la flexibilit&#233; et le pragmatisme, pas par l'id&#233;ologie ou le dogmatisme. Et surtout pas en acceptant que les cr&#233;anciers financiers aient le contr&#244;le complet des m&#233;canismes &#233;conomiques. Leur seul but est de prendre possession d'actifs publics pour se rembourser d'une dette qui ne peut de toute fa&#231;on pas &#234;tre rembours&#233;e. Cette politique d&#233;truit la fabrique m&#234;me de l'Europe et d&#233;poss&#232;de les citoyens de leurs biens les plus pr&#233;cieux. C'est ce qui se passe tr&#232;s concr&#232;tement : des &#233;quipes ont &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233;es &#224; Ath&#232;nes pour demander &#224; ce que soient vendus ce qui reste &#224; l'Etat grec comme actifs de valeur. Ce n'est pas cela qui va renforcer l'Union europ&#233;enne...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A vous &#233;couter, l'Europe devrait s'inspirer du New Deal de Roosevelt.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'aime pas trop proposer des &#171; mod&#232;les &#187;, les situations sont diff&#233;rentes. Mais il y a des principes dont on peut s'inspirer. La solidarit&#233; sociale est un de ces principes. Vous devez organiser des transferts vers les gens qui sont vuln&#233;rables, ce qui permettrait de stabiliser leur situation. Sinon, ils souffrent et s'ils sont mobiles, ils d&#233;m&#233;nagent, minant les fondations sociales de leur pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Europe ne peut pas se permettre qu'un de ses pays s'effondre. C'est un peu diff&#233;rent de ce qui se passe ici aux Etats-Unis : si le Nord-Dakota perd une grande partie de sa population &#224; la suite d'une crise, c'est grave, mais le gouvernement f&#233;d&#233;ral ne s'est pas engag&#233; &#224; garantir la taille de la population de chaque Etat. Si c'est la population d'un pays membre de l'Union europ&#233;enne qui d&#233;m&#233;nage, Portugal, Irlande ou Gr&#232;ce, ce serait beaucoup plus probl&#233;matique : l'Union ne peut se le permettre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que les travailleurs de ces pays peuvent d&#233;m&#233;nager dans des pays plus prosp&#232;res comme l'Allemagne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire de l'Europe montre que ces mouvements sont possibles. Il y avait plus d'un million d'Espagnols hors des fronti&#232;res avant la mort de Franco. Et la deuxi&#232;me ville portugaise est Paris [troisi&#232;me en r&#233;alit&#233;, derri&#232;re Lisbonne et Porto, ndlr]. Mais les professionnels des pays en crise ne vont pas seulement vers l'Europe, ils vont aussi en Australie, aux Etats-Unis, en Am&#233;rique latine... Et ces pays perdent leurs m&#233;decins, leurs professeurs, leurs ing&#233;nieurs. Ce qui affaiblit encore plus leur situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant la dette de ces pays, ne pensez-vous pas qu'un plan plus audacieux de restructuration, voire d'&#233;cr&#234;tement, devrait &#234;tre con&#231;u ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mieux serait de restructurer la dette de l'ensemble des pays de la zone euro, ce qui permettrait de ne pas stigmatiser les pays fragilis&#233;s. Et le meilleur moyen d'y parvenir serait de mutualiser une partie de la dette des pays, par exemple jusqu'&#224; un montant de 60% du PIB, comme cela a pu &#234;tre propos&#233;. Ainsi chaque pays profiterait de taux d'int&#233;r&#234;t mod&#233;r&#233;s. Si l'Union europ&#233;enne prend au s&#233;rieux la question de sa propre survie, c'est une mesure qui devrait &#234;tre engag&#233;e. J'ai pos&#233; r&#233;cemment une question sur le sujet &#224; votre ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici, et sa r&#233;ponse a &#233;t&#233; int&#233;ressante. Il n'&#233;tait pas hostile &#224; l'id&#233;e, mais il pense que cela prendra du temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans ces mesures radicales que vous pr&#244;nez, l'euro peut-il survivre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non. Tel que c'est parti, il court &#224; sa perte, m&#234;me si cela peut prendre du temps. Sans un changement fondamental d'approche, l'euro va terminer son existence dans des circonstances dramatiques. Il faut sortir l'Europe de la logique purement commerciale, dans laquelle on en arrive &#224; pr&#234;ter des fonds &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieurs &#224; la croissance des pays vuln&#233;rables : cette logique ne peut qu'aggraver la dette de ces pays. Il faut entrer dans une autre logique, dans laquelle les &#233;changes commerciaux sont mod&#233;r&#233;s par un programme de stabilisation sociale de solidarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui est responsable de la situation actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Friedrich Von Hayek et la soci&#233;t&#233; du Mont Pellerin : les architectes de cette vision n&#233;oclassique de l'&#233;conomie qui r&#233;git la zone euro aujourd'hui ! Et tous les &#233;conomistes ou technocrates europ&#233;ens &#8211; qu'ils soient allemands comme Jens Wiedmann [pr&#233;sident de la Bundesbank, ndlr] ou fran&#231;ais comme Jean-Claude Trichet [ex-pr&#233;sident de la BCE, ndlr] &#8211;- qui ont adopt&#233; ces id&#233;es.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


 
	


 
	

</channel>
</rss>
