CONTRIBUTION AU GRAND DEBAT(2) : ETAT SERVICES PUBLICS, CITOYENNETÉ

, par  Marie-Odile NOVELLI , popularité : 0%

Je termine ma contribution au grand débat. Comme précedemment, j’ai utilisé les questions ouvertes pour avoir la liberté d’expression necessaire (du coup les reponses sont un peu denses), et répondu brièvement -comme du reste souvent souhaité- aux questions fermées ...

Extrait du site granddebat.fr [novelli, le 27 février 2019 à 00:14 ]


I Citoyenneté :

ETRE CITOYEN FRANCAIS, UNE CHANCE, DES DEVOIRS,UN AVENIR COMMUN

En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?
Associations d’intéret géneral, entrepreneurs sociaux et environnementaux, élus locaux ( parfois) selon leur capacité à s’approprier ces questions dans un monde complexe et leur aptitude à débattre avec d’autres.

En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?
Oui
Si oui, à quel type d’associations ou d’organisations ? Et avec quel rôle ?

Les associations "actrices" de terrain, qui favorisent l’innovation sociale et environnementale, et associent les habitants, ou les "benéficiaires" ...[l’Innovation s’entendant comme "la capacité à apporter des réponses non prises en compte par les politiques publiques classiques"].

Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?
Que les élus aient le sens de l’intéret général et de responsabilisation (pas de demagogie) chevillé au corps, et qu’ils soient praticiens de la démocratie participative (formés).Je livre cette citation de Pierre Mendes France plus explicite : « La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée, tant qu’il reste des progrès à accomplir. » P. M. F. (...) « Parce que la décision du pays ne saurait être fondée sur des affirmations tendancieuses et mensongères ; une politique fondée sur les facilités de la démagogie part de données fausses, elle est à l’opposé d’une politique réaliste, elle est à terme vouée à l’échec ».

Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est
Une bonne chose

Pourquoi ?
Nombre d’élus cumulards n’ont pas le temps de bien faire leur travail. Un lien avec le local reste néanmoins hautement souhaitable, et demeure fort heureusement possible ( on peut être deputé et conseiller municipal par ex).

Que faudrait-il faire pour mieux représenter les différentes sensibilités politiques ?

1) Un mode de scrutin proportionnel, à 50 % au moins, [ 50%, ce n’est pas la proportionnelle intégrale ! ] sinon il y a majorité absolue et pas de capacité à avancer ensemble, à négocier. Ainsi, le mode de scrutin municipal reste le plus souvent une pseudo démocratie où l’opposition a fort peu de place, même lorsqu’ elle représente près de 50 % des habitants ; et même dans les conseils régionaux où la proportionalité est plus forte que dans les communes, on peut noter que les vrais débats se sont considérablement appauvris depuis la fameuse "prime majoritaire" à la liste arrivée en tête qui lui donne une majorité automatique. Il n’y a plus de majorités selon les dossiers, c’est à dire sur le fond. Le Sénat - que l’on pourrait réduire - a vocation (dans les textes) à représenter les territoires, il faudrait améliorer cette représentation par changement de mode de scrutin afin de corriger la représentation déformée actuelle et permette la réflexion de fond et dans la durée.
2 ) Plus de pouvoirs au parlement (et moins de pouvoirs au Chef de l’Etat) car le parlement est un parlement "croupion" .
3) Un vote presidentiel préferentiel comme en Australie ou en Irlande ( à perfectionner). Dans l’esprit, cela reviendrait à attribuer des points aux candidats [chaque electeur voterait par ex. pour trois candidats en attribuant à son premier choix plus de points qu’à son deuxieme ...ainsi le candidat que l’on a souvent placé en deuxième choix pourrait devenir majoritaire : sa legitimité serait objectivement plus forte que celle d’un candidat francais ayant au mieux recolté 20 % des suffrages !].
4) Une autre solution consiste à instaurer 3 tours à la présidentielles au lieu de deux : le premier pour l’expression des désirs profonds des citoyens -même utopiques-, le deuxième pour plus de realisme ( ne se représentent que les candidats qui ont depassé 8% des suffrages par ex) et le troisième tour pour que les majorités d’idee aient le temps de se construire. C’est contraignant, mais c’est moins long que le temps mis par l’ Allemagne ou la Belgique à constituer un gouvernement ! !.

Pensez-vous qu’il serait souhaitable de réduire le nombre d’élus (hors députés et sénateurs) ?
Oui

Si oui, lesquels ?
Elus locaux des communes qui fusionneraient.

Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?
Les institutions francaises sont meconnues, peu enseignées en France : il faudrait remedier fortement à cet état de chose.

Faut-il prendre en compte le vote blanc ?
Oui
Si oui, de quelle manière ?
En le comptant dans les exprimés. Dans ce cas, une limite pourrait être fixée pour la validité du vote : ex au Pérou je crois 2/3 de vote blanc oblige à refaire l’election.

Que faudrait-il faire aujourd’hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?

- on peut commencer par la democratie participative au niveau local : commissions extra municipales, budgets participatifs de quartiers pour de petits aménagements, enquêtes systématiques dans les immeubles pour toucher les citoyens qu’on ne voit jamais,... l’implication des habitants doit être recherchée de facon volontariste. S’inspirer des bons exemples ( ex participation de Rroms ou gens du voyage à leur projet d’habitat) , formes d’implications associant les beneficiaires qui sont nombreuses dans les appels à projet (ex Fondation de France).
- Ensuite, au niveau national, on peut : - mettre en place des conférences de consensus qui permettent à des citoyens d’acquérir une forme d’expertise élevée, - solliciter et mobiliser la reflexion des acteurs sociaux "experts" et corps intermediaires en France ( parties prenantes : citoyens, entrepreneurs, associations elus etc)...
- Le réferendum suppose un vrai travail d’information et de reflexion préalable : La consultation sur l’heure d’été (qui n’est pas un referendum, mais c’est le même principe) n’a pas suffisamment suscité la reflexion à partir d’informations : les francais ont -ils conscience que si l’on reste à l’heure d’été ( deux heures d’avance sur le soleil) dans territoires le soleil se lèvera à 10 heures du matin, et que selon les specialistes de la chronobiologie, il s’agit de la pire solution retenue -ie : l’heure d’hiver : une heure d’avance seulement - est la moins défavorable ? Non, et cela expose à recommencer la consultation ou le referendum, ce qui n’est pas le but recherché.

Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d’initiative partagée (le RIP est organisé à l’initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?
Oui
Si oui, comment ?
Abaisser le seuil des citoyens signataires ( 1 million par ex) ainsi que le nombre de deputés porteurs ( 20 %). Un référendum d’initiative citoyenne serait envisageable à condition de l’encadrer : Il faut avoir un nombre suffisant de suffrages exprimés, prendre en compte le vote blanc, et surtout se garder des referendum hâtifs sans avis de "specialistes" d’une question donnée : c’est ainsi que les Britanniques ont voté pour le Brexit sans en connaitre réellement les implications, et que certains ont changé d’avis, ce qui pose problème en démocratie ( faut il revoter ) ?. Pour avoir un avis il faut être éclairé, avoir travaillé un sujet.


Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l’utilisation de l’argent public, par l’Etat et les collectivités ?

Permettre aux citoyens d’acquérir une culture budgétaire. Consultations citoyennes (au plan local pour commencer).

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?
Ces instances peuvent réaliser des auditions, avoir une opinion éclairée mais la question qui demeure est parfois leur relative fragilité représentative : quel lien réels avec les associations dont ils sont issus , et quels liens avec les territoires ? Cela est tres variable. J’ai apprécié l’ancrage territorial de certains représentants de conseils de quartiers au Conseil nationale des Villes . Le territoire est un lieu souvent plus riche, de croisement d’acteurs et d’experiences. Certains élus ont cette representativité "enrichie". Concernant la société civile : Ies associations ayant souvent une vocation plus sectorielle, ll me semblerait utile que ces dernières (dont le Conseil économique social environnemental ) puissent organiser des conseils associatifs à l’échelle d’agglomération (par ex.) afin d’enrichir la représentativité en termes d’acteurs et de territoires. Une solution possible pourrait être de faire jouer au Sénat, qui a vocation dans les textes à représenter les territoires ( et à condition qu’il en donne une représentation non déformée , ie : il faudrait corriger le mode secrutin ), qu’il soit plus en lien avec le Conseil économique social et environnemental.

Faut-il les transformer ?
Oui
Si oui, comment ?
Verifier le lien avec la (les) associations, et la connaissance qu’ils ont des porteurs de projets innovants... Peut-être leur donner un rôle d’organisateur du débat local (et de la mise en commun de la reflexion) en amont de l’examen des projets de lois.

Vie citoyenne
Que proposez-vous pour renforcer les principes de la laïcité dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ?
Former encore, et appliquer la Loi.

Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?
Par l’éducation

Que faudrait-il faire aujourd’hui pour renforcer l’engagement citoyen dans la société ?
Valoriser l’engagement ( prise en compte ans les cursus universitaires - ce qui se fait - et scolaire, reconnaitre le travail bénevole utile

Quels sont les comportements civiques qu’il faut promouvoir dans notre vie quotidienne ou collective ?
Le respect de chacun, la prise de parole à tour de rôle, le sens de l’interêt collectif, apprendre très tôt à l’école (comme souvent au Canada) non pas à critiquer mais à faire des propositions. (On peut expliquer cependant ce que l’on ressent, mais sans attaquer quelqu’un ou quelque chose !).

Que faudrait-il faire pour favoriser le développement de ces comportements civiques et par quels engagements concrets chacun peut-il y participer ?
par l’éducation : cf reponse précedente, par la mise en place d’instances de concertation citoyennes, qui mobilisent aussi l’administration, par la formation des parties prenantes...

Que faudrait-il faire pour valoriser l’engagement citoyen dans les parcours de vie, dans les relations avec l’administration et les pouvoirs publics ?
Idem. Une reconnaissance officielle des instances citoyennes qui existent en partie (ex Conseils citoyens), reconnaissance officielle dans le parcours scolaire et universitaire et Validation des acquis - ce qui existe dejà mais parfois de manière inégale. Des droits à formation.

Quelles sont les incivilités les plus pénibles dans la vie quotidienne et que faudrait-il faire pour lutter contre ces incivilités ?
Les violences verbales et physiques ( arrachage de sacs), les degradations, le bruit.
Que peuvent et doivent faire les pouvoirs publics pour répondre aux incivilités ?
Exiger la reparation, mettre en place les travaux d’interet general, donner à la justice les moyens de traiter plus rapidement ce type d’incivilité.

Quel pourrait être le rôle de chacun pour faire reculer les incivilités dans la société ?
Transmettre les valeurs éducatives à l’ecole , dans la famille, au besoin en lien avec des educateurs de prevention...

Quelles sont les discriminations les plus répandues dont vous êtes témoin ou victime ?
discriminations liées au genre, au handicap, à l’origine et au lieu d’habitat.

Que faudrait-il faire pour lutter contre ces discriminations et construire une société plus solidaire et plus tolérante ?
Les objectifs de lutte contre les discriminations figurent explicitement ou implicitement dans nombre d’institutions et d’associations ou entreprises : il faut concrètement , pour qu’il y ait une progression :
- exiger des bilans /evaluations lors des AG, CA,et avant financements publics, - soumettre les decideurs , personnel educatif etc... au tests sur la discrimination afin qu’ils puissent prendre conscience des formes de discrimination inconscientes que tout être humain vehicule.

Pensez-vous qu’il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ? Si oui, lesquelles ?
Cela peut s’avérer interessant dans certains cas : ex territoires zero chômeurs par activation des dépenses passives
Immigration et intégration

Que pensez-vous de la situation de l’immigration en France aujourd’hui et de la politique migratoire ? Quelles sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?
Appliquer la loi en ce qui concerne les demandeurs d’Asile , les refugiés en danger, prendre en charge les mineurs, (convention des droits de l’enfant), et accepter l’immigration économique en fonction des besoins, sans negliger l’importance du developpement locale dans les pays d’origine. Assurer l’apprentissage du francais et de ses valeurs.

En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?
oui
Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?
Mettre en place des objectifs sur le long terme.

Quelles sont, selon vous, les modalités d’intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd’hui dans la société ?
La formation et l’education, l’apprentissage du francais, le travail, et l’apprentissage de valeurs ( ex respect de chacun, la prise de parole à tour de rôle, le sens de l’interêt collectif)...

Y a-t-il d’autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La citoyenneté francaise est une chance, ses valeurs (liberté, egalité, fraternité) peuvent susciter de la fierté .
- il faut mieux reconnaitre les associations citoyennes, et amorcer une education à la citoyenneté dès la maternelle par des habitudes simples pour les enfants : être entendu, ET acquérir l’écoute de l’autre, avoir le droit à l’erreur et la bienveillance (pour chacun , pas que pour soi : i.e tolérance), développer des attitudes proportionnelles et pas que critiques, et l’apprentissage de l’intérêt général par l’encouragement à la progression à la capacité à agir pour le bien collectif.

- De même, la sollicitation de l’avis des citoyens passe aussi par leur
( in)formation. La consultation sur le changement d’heure est instructive à cet égard : comment décider de l’heure d’été et d’hiver sans avis des neurobiologistes sur la question ? ( Elle est claire, deux heures d’avance sur le soleil c’est mauvais ,s urtout en hiver). Et les francais qui ont majoritairement repondu qu’ils preferaient garder l’heure d’été , sont -ils réellement POUR que l’on garde deux heures d’avance sur le soleil, et que certaines regions de France soient dans la nuit jusque vers 10 h du matin en hiver ? Ou ceux qui ont voté n’en n’ont ils pas vraiment conscience ?
Autre sujet : à partir de quel nombre de reponses positives prendre en compte un referendum ? Il faut à mon avis prendre en compte le vote blanc, avoir un nombre suffisant de suffrages exprimés, et surtout se garder des referendum hâtifs sans avis de "specialistes" d’une question donnée : c’est ainsi que les Britanniques ont voté pour le Brexit sans en connaitre réellement les implications,

- Les valeurs de la république constituent ( constituaient) un grand intégrateur au delà du morcellement croissant de la société francaise : le fait qu’elles ne soient pas appliquées, la montée des inégalités, brise cet (ex) consensus, déjà mis à mal. Les decisions politiques qui ne reduisent pas les inégalités sont destructrices sur le plan symbolique et politique.

- La chute des capacités integratives des valeurs symboliques de la République [ Liberte, Egalité, Fraternité] apparait clairement actuellement : 1. dans le refus des francais dits "Gilet Jaunes" à respecter les lois ( par ex declarer les manifestations et leur parcours), 2. dans la réponse sans nuance de L’Etat, détenteur de la "violence légitime", qui abouti à un nombre inédit de personnes mutilées. (Je ne comprends pas pourquoi les forces de l’ordre n’utilisent pas les lances à eau comme les forces de l’ordre Allemandes, et pourquoi la France utilise des Balles de defense qui ont causé de nombreuses blessures. Je ne comprends ni pourquoi nous n’avons pas su dénoncer fermement le non respect des lois par une partie importante des "gilets jaunes", ni pourquoi nous ne nous sommes pas soulevés fasse une forme de répression objectivement meutriere . Il est vrai que cet armement inadapté est fruit des décisions politiques anterieures, choix politique que je n’approuve pas).

- Un dernier point pour finir : la transmission de valeurs exige un vecteur humain, des rapports humains, du lien social... Certainement pas un traitement deshumanisé derriere un ordinateur ou un bureau. Lien social et intégration sont intrinséquement liés. Les suppressions d’emploi sont souvent incohérentes avec cet objectif crucial !....


II. ETAT- SERVICES, ET AMENAGEMENT EQUITABLE DU TERRITOIRE

extrait du site granddebat.fr [novelli, le 27 février 2019 à 00:14 • Modifié le 27 février 2019 à 15:18]

L’organisation administrative

Que pensez-vous de l’organisation de l’Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
Plus d’implication de la société civile dans les processus de décisions publics, moins d’inégalité territoriales, moins de petites communes, moins de "doublons"( ex secteurs traites par 3 collectivités locales + l’Etat).

Selon vous, l’Etat doit-il aujourd’hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
Oui

Si oui, lesquelles ?

- 1. LES REGIONS, au demeurant trop grandes désormais et éloignées du terrain, sont toujours des nains politiques ; une vraie contradiction à résoudre pour plus d’efficacité, et une aberration au regard d’autres pays européens qui ont des ministres régionaux ( Espagne, Allemagne..). Le pouvoir politique a refuse toujours de choisir. Sur les questions majeures ( TER, Lycées ) les regions sont "tenues en laisse" par l’ Etat.
Autant le rôle de l’ Etat par rapport aux regions est clair dans les politiques du logement par exemple ( c’est l’Etat le pilote, comme on peut le voir dans les Comités regionaux de l’ habitat et de l’hebergement issus de la loi Duflot , qui sont des lieux d’information et accessoirement de participation des agglomérations, de la Region, des bailleurs, des acteurs sociaux associatif ou privés, des hebergés...,- il faut néanmoins noter que le co-pilotage est moins clair avec les agglomérations...), autant le rôle de l’ Etat parait peu fructueux dans le copilotage qu’il exerce avec les regions concernant l’importante question des transports regionaux qui est freinée par une gouvernance mal partagée et souvent concurrentielle . Il faut bien pourtant qu’un chef de file, doté de moyens juridiques et financiers suffisants - et non de moyens legislatifs mous- existe sur les transports urbains et intercités si l’on veut mettre en place la transition energetique et un meilleur amenagement du territoire !
[ Notons du reste que pour le moment les évaluations ne montrent pas de gains financiers liés à la fusion des regions - decidée au forceps par Fr. Hollande. ..Et que les acteurs éloignés des centres urbains métropolitains se plaignent d’avoir des trajets infernaux pour rallier ces centres urbains decisionnels. D’autant que les conférences video ne sont pas la panacée. Prévisible !] Les missions majeures des regions : économie, transports, éducation formation, transitions écologique, gestion des fonds européens.., gagneraient à être renforcées et rendues plus lisibles.

2. LA PLACE DES DEPARTEMENTS EST PLUS DIFFICILE À DEFENDRE. JE NE LA DEFENDRAI PAS, MAIS FAIT PART ICI DE MES INTERROGATIONS. Le département est vécu souvent comme l’échelon de trop. Il est vrai que les grandes agglomérations comme Lyon on intégré les compétences départementales, et que la fusion des compétences permet de mieux mettre en place des politiques integrées de developpement social durable par exemple, de mieux répondre theoriquement à la necessaire l’adaptation des politiques de droit commun dans les quartiers en Politique de la Ville... Le problème est que la loi MAPTAM s’est arrétée au milieu du guet, laissant les territoires non métropolitains orphelins. LES MOYENS FINANCIERS ET DECISIONNELS- NE SONT PAS LES MÊMES ENTRE AGGLOMÉRATIONS ET LE RESTE DES COMMUNES ET INTERCOMMUNALITÉS.Il est donc attendu en quelque sorte que les départements "bouchent les trous".
ET MÊME DANS LES CAS OU LE PILOTAGE DE L’ÉTAT EST CLAIR ET LA VOLONTÉ D’EQUITÉ FORTE, TOUT N’EST PAS POUR AUTANT GAGNÉ. Si l’on considère par exemple les politiques de la ville (quartiers ) au regard de la question de l’amenagement du territoire, on voit que la Loi Lamy a permis des avancées dans la justice et l’objectivation des critères ( pauvreté essentiellement) qui ont fait ressortir les difficultés de certains territoires semi ruraux non pris en compte antérieurement, et c’est une avancée dans le traitement équitable des territoires. Elle a néanmoins laissé de coté les trop petites ville ou les trop petits quartiers... QUESTION DE FINANCEMENTS, ET DE SEGMENTATION DES POLITIQUES PUBLIQUES. Pourquoi traiter de manière differente des territoires en difficultés ? L’absence de centre social ou de mission locale est elle moins prejudiciable en zone rurale qu’en quartier urbain ? Non... Parce que les territoires sont différents ? Mais ils sont tous différents ! Un petit quartier d’une petite ville en milieu rural n’a rien à voir avec celui d’une grande banlieue... La réalité, c’est que c’est surtout le poids du passé, du découpage des délégations d’élus, des ministères , avec leurs petites habitudes , qui a empéché d’avoir un discours clair et fondé sur des objectifs justes, équitables, d’amenagement du territoire . Belle occasion ratée.

Donc, quelle est la place des départements ? .. Ils remplissent souvent très bien leurs missions envers les personnes agées, moins bien envers les mineurs isolés., et ont tendance à se retirer un peu des enjeux des transports scolaires et départementaux (on les comprend un peu vu la loi Maptam) ....Mais leurs missions culturelles ou architecturales issues du passe ont souvent été source d’innovations [ telles que la gratuite des musées le dimanche ]...
LES DEPARTEMENTS DOIVENT ILS SE SUBSTITUER AUX GRANDES AGGLOMÉRATIONS LORSQU’ELLES SONT ABSENTES ? Pourquoi pas ! En transition de la montée en nombre des métropoles...
Ou bien : la gestion des prestations sociales et de dépendance doit elle devenir un service public à part , un peu comme les CAF ? Plus Intégrés aux Communauté de commune ? Le departement est dejà en soi une forme de mutualisation, et je ne crois pas qu’on gagne à éclater ses services sauf dans les grandes agglomération ; mais le problème qu’il pose est que, parce qu’il est une entité autonome, separée, il induit necessairement (comme tout corps constitué) des phenomènes de concurrence et donc des difficultés claires à mettre en place de véritables politiques integrées. (Comme les CAF )...
- Pour ma part, j’ai tendance à CONSIDERER LA QUESTION DES MISSIONS ET COMPETENCES DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES AU REGARD DE FINALITÉS MAJEURES TELLES QUE L’AMENAGEMENT EQUITABLE DU TERRITOIRE, LA QUALITÉ DES OFFRES ET LEUR JUSTE ADAPTATION AUX USAGERS. Ceci suppose de ne pas morceler les acteurs, ceci suppose la mise en place de politiques intégrées, et donc une forte collaboration des collectivités et instances ou services, qu’il s’agisse de la même institution ou d’institutions différentes.

3°). LES SERVICES PUBLICS NE SE LIMITENT PAS AUX COLLECTIVITÉS TERRITORIALES. J’ai evoqué les centres sociaux ou les missions locales. Prenons également l’exemple d’ associations soutenues par les collectivités territoriales (dont les departemenst) telles que les CAUE, et les agences d’urbanisme...là encore, soulignons que le soutien des CAUE à toutes les communes, notamment les petites communes, est précieux... Ils ont souvent bien intégrés la composante ’usagers" ou habitants dans leurs prestations.. Ils ne sont pas en retard sur la société, ...sauf dans les departements où ils n’existent pas !!. Et c’est là que le bas blesse.
On pourrait à nouveau faire un parallèle avec les Centres ressource de développement social urbain (qui sont en lien avec les élus, les territoires, et de plus en plus les habitants, notamment via les conseils citoyens mis en place par la loi Lamy) : précieux pour faire connaitre les bonnes pratiques innovantes et pour aider les acteurs à se former, ils sont inégalement repartis et n’existent pas dans tous les departements . Et si le regroupement des regions aurait pu constituer une aide, les nouveaux patrons des regions n’en ont pas toujours decidé ainsi : le soutien historique de la region Rhône Alpes à son centre Labo-Cités qui pourtant étend son activité à la region Auvergne, a cette année cessé.

4°)UNE POLITIQUE D’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE EQUITABLE DEVRAIT AVOIR POUR OBJECTIF D’IRRIGUER TOUS LES TERRITOIRES DE LA REPUBLIQUE DE CE TYPE DE SERVICES ( services publics et services au public). D’autant que les Metropoles ne peuvent pas indefiniment grossir, et que les villes moyennes auraient vocation ( logiquement ) à se developper. SUR CE PLAN, LA MISE EN PLACE DE SERVICES MUTUALISÉS ET DE SERVICES ITINERANTS EST UNE BONNE CHOSE : le déplacement de quelques personnes qui assurent ce service est plus logique, moins polluant, plus juste et moins onéreux que le deplacement systematique du public des petites villes et villages.

5°) LA METROPOLISATION EN COURS DEVRA FAIRE L’OBJET DE BILANS DE SATISFACTION DU "PUBLIC"(comme on dit le renforcant ainsi dans son rôle passif). Les agents intercommunaux ne peuvent connaitre tous les territoires, certaines missions sont mieux menées dans la proximité, et par ailleurs le Maire restera à mon avis pour longtemps le responsable naturel des enjeux de concertation. La bonne maille, les modes d’articulations optimaux restent à trouver.
- 6°) SERVICES publics PAR INTERNET, mediation numerique et transparence budgetaire Le conseil national des villes, qui regroupe de nombreux acteurs de la ville, a rendu l’an dernier un avis sur le numerique [après avoir par ailleurs auditionné de nombreux experts et praticiens]. Il apparait clairement que même si l’on formait tous ceux qui le peuvent à l’usage du numerique, une fraction importante de la population resterait neanmoins exclue du numerique. La mise en garde est serieuse et doit être entendue. Il n’est pas envisageable de ne pas mettre en place des mediateurs du numérique sur le territoire. Par ailleurs le conseil demandait que soit transparents les gains pour des services publics liés au passage au numerique, afin qu’un pourcentage soit affecté à la mediation. Les contribuables ont le droit de connaitre l’utilisation de leur impôts. [ je précise que les Conseillers du CNV sont tous benevoles et que seuls les frais de déplacements peuvent être remboursés]•

Les services publics pour tous

Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
Oui
Si non, quels types de services publics vous manquent dans votre territoire et qu’il est nécessaire de renforcer ?
Mais des services manquent dans certains departements moins urbains...

Quels nouveaux services ou quelles démarches souhaitez-vous voir développées sur Internet en priorité  ?
Accès aux documents d’urbanisme, formations diplomantes...

Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
Oui
Si oui, en avez-vous été satisfait ?
Oui

Quelles améliorations préconiseriez-vous ?

une augmentation de l’amplitude horaire des multi-accueils

Quand vous pensez à l’évolution des services publics au cours des dernières années, quels sont ceux qui ont évolué de manière positive ?
les services metropolitains sont plus participatifs

Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?

Hopital, justice, education (pratiques pédagogiques impliquant plus de bienveillance, encouragement à apprendre de ses erreurs ;)

Connaissez-vous le "droit à l’erreur", c’est-à-dire le droit d’affirmer votre bonne foi lorsque vous faites un erreur dans vos déclarations ?

Oui
Si oui, avez-vous déjà utilisé ce droit à l’erreur ?
Non

Pouvez-vous identifier des règles que l’administration vous a déjà demandé d’appliquer et que vous avez jugées inutiles ou trop complexes ?
Impôts : convoquée pour le remboursement d’un indu, mais arrivée sur place il fallait retourner devant le notaire... Carsat : rigidité et classement de dossier retraite en raison d’une( breve )demande anterieure d’aide de titre de transport à pole emploi .

Faut-il donner plus d’autonomie aux fonctionnaires de terrain ?
Oui

Si oui, comment ?
En leur permettant d’apprecier les situation de terrain au regard de l’esprit de la loi. Les formes d’entraide et d’innovation locales diffèrent, mais la rigidité des normes est une entrave à l’innovation . L’esprit de la loi doit etre respecté, mais l’adaptation est necessaire pour innover, c’est à dire pour e repondre aux situations encore sans reponses satisfaisantes.

Faut-il revoir le fonctionnement et la formation de l’administration ?

Oui
Si oui, comment ?
Le respect du public progresse mais doit encore être renforcé. Le sens du service public doit egalement être affirmé, car il a pu semblé flechir un peu lors de recrutements de personnel exteriur à la fonction publique.
Comment l’Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
Il faut avoir des objectifs clairs, la volonté de les atteindre, des moyens suffisants , et impliquer les beneficiaires des politiques publiques (qui ont aussi des ressources ) dans la mise en oeuvre des politiques et dans leur evaluation. Certains pays ( je pense à une ville du pays de galles en Grande Bretagne) ont une pratique ancienne de l’empowerment , une volonté totale d’atteindre les objectifs , perceptibles dans l’analyse des causes de l’echec, la recherche à tous prix de solutions à l’echec de mobilisation des habitants, puis la sollicitation des solutions par les habitants...

Les services publics pour les particuliers

Si vous avez été amené à chercher une formation, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l’administration concernée :

Bonne reponse de l’université ( VAE, Master)

Si vous avez été amené à scolariser votre enfant, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l’administration concernée :
OK en primaire , plus de difficultés au college ( violences )

Si vous avez été amené à chercher un emploi, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l’administration concernée :

Pole emploi : pas d’interet en terme de propositions

Si vous avez été amené à préparer votre retraite, pouvez-vous indiquer les éléments de satisfaction et/ou les difficultés rencontrés en précisant, pour chaque point, l’administration concernée :
Carsat : très variable selon l’intervenant. Capable de rigidité ahurissante ( classement du dossier en raison d’une inscription anterieure à Pole Emploi). Mais la mise en place d’un "débroussailleur" de situation à sauvé l’affaire.

Les services publics pour les professionnels

Y a-t-il d’autres points sur l’organisation de l’Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Il y a des marges de progrès encore fortes en France concernant l’implication des bénéficiaires dans les décisions publiques et services au public. Certains pays sont plus avancés que nous sur ce plan (je pense à des visites de projets européens au Pays de Galles par exemple, concernant la politique de la ville et le renouvellement urbain : la volonté, la certitude, que les citoyens usagers ont des ressources , une expertise, et que le meilleur projet ne peut être que le leur m^me si élus et techniciens seraient tentés de croire le contraire. Les animateurs performants ( prof de fac parfois) avec des objectifs clairs et l’ouverture intelligence /aux moyens, et l’abolue necessité d’y arriver. Debriefing, porte à porte pour verification ..( ex de questions : si les gens ne sont pas venus, est ce : en raison de l’heure ? Trot tôt ? Reponse : oui, : ils sont là , ne travaillent pas mais il ne faut pas le mettre en lumiere... .La garde des enfants est un probleme ? Rep : oui, "Bon alors on met en place une garderie"... Ou question concernant l’incitation à al marche à pied et l’amenagement urbain " toi quand tu vas boire ta biere, quel chemin prends tu à pied ? Pas de jugement, mais la prise en compte de la pratique d’usage des habitants.). Evidemment la pratique de l’empowerment, la conviction qu’il faut former des acteurs associatifs capables, des leader qui auront une gratification uniquement symbolique, fonctionne globalement en GB.